mardi 5 juillet 2016

Bilan d'un vélo de vélotaf

Il y a un an j'achetais un vélo Fairdale Weekender Drop, dans le but de l'utiliser comme vélotaf, prévoyant 5 aller-retours/semaine de 17km, sur du chemin plat.
Je l'ai directement tuné, à base de pièces sous le coude.

Oui, il s'agit d'un quai de gare, ça m'est arrivé...


J'ai fait 3000 bornes entre septembre et Noel (plutôt 23 que 17 !), après l'avoir équipé de gardes boue, portes bagages et pneus en 42 (conti contact 2)
Il suppléait parfaitement mon Genesis Croix de Fer, trop précieux, relégué alors aux sorties boueuses voire sportives.

Il ne s'agit que d'une base cadre fourche en Cromo, de type bateau. Il n'est ni ultra rigide, ni nerveux, c'est juste un vélo. Assez réactif pour se faire plaisir à vide, assez stable pour rouler chargé.
J'ai tout de suite été à l'aise dessus, Fairdale est vraiment une marque à suivre. Pour ce qui est du vélo dans sa définition ils sont parfaits. Image sympathique, créneau de la balade plaisir et utilitaire, ma copine a le même modèle sans les drops, 8 bornes de vélotaf par jour, depuis un an. Il est resté stock et n'a pas bougé d'un poil, à part un réglage des freins et une tension de roue arrière (deux grosses mauvaises expérience chez Vélostation Lyon Saxe ET Quai Pierre Size).

Son mono plateau et ses 10 vitesses n'ont jamais été des handicaps et il n'a jamais du être réglé ou nettoyé. Seule la transmission a subi quelques remises au propre pour cesser de souffrir et s'user moins vite.

Début Juillet, les vacances, fin de l'année scolaire, plus de 4000 km au compteur et rien ne bouge. J'ai changé la roue avant pour un moyeux dynamo qui révolutionnera l'année à venir.
Bref, je suis plus que satisfait de ce vélo à 1200e. Pas prétentieux, pas tape à l'oeil, lourd, presque inefficace, mais heureusement infaillible. Pas de casse ni de crevaison, pourtant il a vu de la route en galets, silex, verre pilé, flaques hasardeuses, trottoirs furtifs...

Tellement content le Pablo qu'il est parti pour une rando tout chemin, de Lyon à Aurillac, avec le Fairdale mi sacoches mi emballage de vélo.


Tout ça pour vous dire que rien ne sert de compter sa performance, sa moyenne, l'intensité renvoyée par tel vélo en plastique. L'important réside dans la justesse et l'équilibre, dans le plaisir de la démarche employée, pourvu qu'elle satisfasse l'objectif.
Le mien était d'accomplir une vraie année de vélotaf, de remise en forme de ma carcasse qui s'use. Malgré quelques déboires, ma satisfaction est pleine, esprit comme machine en sont récompensés.


jeudi 9 juin 2016

Bilan d'une année de vélotaf

Cet article paraitra un peu égocentrique, voire narcissique mais qu'importe. Je tiens à revenir sur cette dernière année de travail, 2015/2016, de façon précoce.

Cette année a été marquée par une révolution personnelle assez forte. Vous le savez, cela fait désormais 3 ans que je suis dans la "vie active", entendre que je fais partie des gens que ça fait chier quand on (les invite à faire) fait la fête le jeudi soir. Parceque j'en ai plein le cul, que je me suis levé à 6h, que j'ai supporté 6h de Gremlins, que JE SUIS ALLÉ TRAVAILLER À VÉLO et ce 4 jours consécutifs !

Car oui, j'ai désormais l'immense privilège de pouvoir aller travailler à vélo.
Après 2 ans passés le cul dans la bagnole, à faire du gras comme un connard, je travaille désormais en périphérie de Lyon. Je suis brigadier TRZR, ce qui signifie que je suis remplaçant, qu'on m'appelle le matin pour me dire quelle maitresse absente je remplacerai ce jour-ci, ou plusieurs jours.
La secrétaire sait que je préfère être appelé la veille, pour que je puisse m'y rendre à vélo. 
Dans ma circonscription, je suis désormais connu comme le loup blanc. Je suis le remplaçant à vélo.

Mon trajet vélotaf de base est très simple, il est constitué d'un itinéraire au bord du Rhône, principalement caillouteux puis traversant une agglomération peu hostile. Les variantes sont nombreuses mais le début est souvent le même. Je roule en moyenne une quarantaine de kilomètres par jour, soit une heure le matin et une heure le soir.
S'il faut grimper de bon matin, je prends le train et je reviens à vélo. 
Fixe de Septembre à Décembre, j'ai commencé à découvrir les autres écoles en Janvier. Malgré mon arrêt en Avril, j'aurai parcouru 5000 km fin juin et visité une quinzaine d'écoles.


retour d'animation pédagogique à Villars les Dombes

En terme professionnel, c'est formidable. J'improvise, je m'adapte, je compatis, je prends sur moi. Surtout, j'apprends. J'apprends à investir une classe en quelques minutes, j'apprends à entrer en relation directe avec des inconnus, j'apprends des astuces et des dispositifs pédagogiques, j'apprends prendre du recul sur mon action et j'apprends à mesurer la valeur de ma présence.
Puis je repars sur ma bicyclette.

Le trajet du matin, je construis ma journée. Le trajet du soir, je la déconstruis. Le vélo devient un sas, un temps précieux qui me permet une préparation puis une analyse de mes actes et de mes découvertes. Il me permet de canaliser mon ressenti. Et il me permet aussi de choisir l'abandon. Pendant une heure, j'appuie sur les pédales, je me concentre sur la route. Ce qui est rarement possible.
Je note cependant que lorsque je reviens du travail en voiture, je suis toujours aigris et énervé. A vélo c'est moins fréquent, selon le plaisir du trajet.


chemin de halage le long du canal du Rhône

Beaucoup se sont moqués de ma décision d'acheter un vélo dans l'optique de l'utiliser en vélotaf, alors que j'en avais déjà un sous la main.
Mon Fairdale, équipé de gros pneus d'hiver, de garde boue et de portes bagages, s'est avéré être un vélo formidable. Je l'ai fait évolué au cours de l'année, de façon à obtenir un vélotaf parfait, indéfectible et efficace. Tellement que c'est lui que j'ai choisi pour partir en randonnée en Juillet.



Le Croix de Fer a eut son compte. La Festive 500, les sorties boueuses, les accidents bêtes... il est toujours de service, en période de vacances, week-end et jours fériés pour les sorties disons sportives ou à risque...

Bref, je suis heureux, j'ai réussi à conjuguer mon travail et ma pratique du vélo. Cela a révolutionné ma condition physique ainsi que l'exercice de mon métier.

vendredi 8 avril 2016

Cher Télérama

Je ne suis pas un lecteur assidu de Télérama, j'ai cependant été agréablement surpris en voyant la présence d'un article de 4 pages sur la création du jeu vidéo en France, dans le numéro 3455. Ce qui est encore rare dans les revues disséquant la culture.
J'ai vite déchanté, je m'attendais à des révélations autour de jeunes talents indépendants, que nenni, l'article ne nous parle que d'Ubisoft et de ses poulains, qui n'ont plus rien à prouver auprès des initiés, ni même du grand public.
Rebelote pour le numéro 3456, un article indigent sur Far Cry Primal ( Ubisoft encore...) est perdu dans la rubrique "Enfants" du magazine. Ce jeu est classé PEGI 18, qui signifie qu'il est déconseillé au moins de 18 ans !!
Je fulmine...
De plus, classer le jeu vidéo dans la rubrique "Enfants", c'est retourner au coeur des années 90 où il n'était considéré que comme un divertissement à peine adolescent.
Je passerai sur le fond de l'article, qui ressemble plus à une resucée de dossier de presse qu'à une réelle critique de journaliste ainsi que sur la coïncidence de voir deux fois de suite un même éditeur mis en avant...

En tant que jeune adulte, passionné de jeu vidéo et professeur des écoles, je consacre une partie de mes séquences d'apprentissages à l'éducation à l'image et j'y donne la part belle au jeu vidéo car c'est un sujet que je maitrise et je sais qu'il constitue une grande partie du temps de divertissement de mes élèves.
Je suis assez peiné de voir de telles négligences et si peu de considération de la part d'un magazine dont le lectorat est grandement constitué d'enseignants, qui, pour la plupart, n'y connaissent RIEN en jeu vidéo. S'ils ne font pas eux même l'effort de se renseigner sur cette pratique de leurs élèves, ils ont Télérama entre leur mains. Et ce journal, souvent critique et de qualité, se doit de leur proposer un vrai regard sur le jeu vidéo, qui est certes un business, mais aussi un art et un exercice de développement intellectuel extraordinaire, si l'on s’intéresse aux bonnes œuvres et aux bons artistes.

mercredi 6 avril 2016

nous vivons dans un monde sUBER cool

D'abord il y a eu les taxis, pas contents que l'on casse leur service médiocre au profit d'Uber et autres VTC.
Puis sont arrivés des auto-entrepreneurs libres et indépendants dans un domaine en vogue, la livraison à vélo.
Plusieurs entreprises se battent pour leur part du gâteau dans un service récent, la livraison de repas à domicile. D'abord exercée par des conducteurs de scooters, on voit désormais se répandre dans la "profession" des cyclistes. Leur présence est devenue épatante, ils sont partout. Du moins à Lyon.

Comme c'est un sujet qui me questionne, sans me renseigner outre mesure, en élaborant simplement des hypothèses, j'aurai trois points à développer: - le service - l'aspect du service - la démocratisation du statut.

- Qui a décidé que désormais, les gens auraient besoin de voir leur repas livré à domicile ? 
Auparavant discret, exercé par quelques entreprises employant des livreurs à scooters, ce service était clairement à destination de gens qui pouvaient se les offrir. Des marketeux ont alors trouvé qu'en utilisant des livreurs au statut d'auto-entrepreneur, on pouvait démocratiser ce service en cassant complètement les prix, en gardant une marge correcte.
Il s'agit donc probablement d'un besoin créé de toutes pièces, en exploitant une faille du code du travail. Pragmatiquement, c'est désolant. J'ai envie de sushis, je suis tellement une grosse feignasse que je n'ai pas envie d'aller les chercher au coin de la rue, je paye quelqu'un pour le faire à ma place.
Bref, c'est du vent. Un service inutile parmi tant d'autres.

- Je ne suis pas livreur, je ne veux pas tenter l'expérience, ni cautionner ce système. Ce dont je m’aperçois, en tant que piéton, automobiliste et cycliste, c'est que ces livreurs sont extrêmement visibles. Cela fait partie du marketing. Et je vois des livreurs qui roulent sans lumières, sans respect du code de la route, ayant quelquefois une conduite vraiment dangereuse. Pas la majorité certes, mais c'est cela qu'on remarque.
En tant que cycliste ça me révolte. Je roule à vélo environ 8h par semaine, principalement en ville et je m'astreint désormais à une conduite modèle, le plus possible. Je fais vraiment attention à l'image que je renvoie. Alors voir des livreurs faisant nawak, ça rabaisse le cycliste au rang du livreur à scooter, une plaie...
Parlons de la publicité, du matraquage sauvage exercé par ces entreprises. Vélos pubs accrochés à des poteaux, affiches scotchées PARTOUT, couverture de selle sur TOUT les vélos garés, individu(e)s sandwichs, intrusions et racolage sur internet, sans compter la pub habituelle, affichage et spots médiatiques... Ecoeurant. 

- Pour livrer, il faut être au statut d'auto entrepreneur. Facile pour l'entreprise, pas d'employés, pas de charges, pas de choses pénibles qui puissent faire perdre du temps et de l'argent. Pour le livreur, pas de contrat, donc pas de revenus fixes, pas d'assurance d'entreprise, pas de sécurité, mais la possibilité de choisir son temps de travail, ses disponibilités tout en devant répondre impérativement aux exigences de l'entreprise qui nous "utilise" (?) sous peine de ne plus être contacté (un licenciement sans contrat ? chouette).

Mais tout cela on s'en balance pas mal. Qui va être livreur à vélo ? Les étudiants, les précaires, tous ceux qui ont besoin d'un peu de fric pour s'acheter des pâtes.
J'exerce un métier bien commode. Je suis professeur des écoles, fonctionnaire, en CDI du coup, titulaire, avec plein de vacances, une sécu, un petit salaire fixe, si je suis malade je perds pas d'argent et je suis payé quand même, il parait même que j'aurais une retraite, mais ça j'y crois pas trop.
Le confort absolu, la chance, le statut qui me permet de regarder les Uberisés de haut, dans ma tour d'ivoire.
Sauf que demain, si nos amis socialistes démocrates ou républicains du milieu, décident de rendre chaque emploi Uberflexible, je rigolerai bien moins.
C'est déjà le cas, de nombreuses personnes ne vivent qu'en donnant des cours particuliers, se déclarant auto-entrepreneur pour pouvoir cotiser.
Il parait qu'en ce moment des gens descendent dans la rue pour défendre des acquis, le Code du Travail ils appellent ça....

Moi ce que je trouverai coulos, ça serait de nationaliser sUper, Fou de Dora et autres Prends Mange Facile...

lundi 22 février 2016

Banished - le Kolkhoze vidéoludique

En 2014-2015 j'ai énormément joué à Banished, petit jeu indépendant développé par un seul homme. Ce n'est qu'aujourd'hui que je m’aperçois de la portée de ce jeu...
Sorte de gestionnaire de ville à l'époque médiévale, on commence avec une dizaine de colons balancés en pleine campagne. Disposant d'un stock de fournitures pour s'établir, il s'agit de donner à chaque colon un rôle dans la construction d'une nouvelle communauté.
La nourriture doit être produite, le bois de chauffage doit être récolté puis transformé, les maisons doivent être construites... Les colons se partagent le matériel et les denrées, afin que chacun effectue son métier le plus efficacement possible.
Chaque membre de la communauté a un rôle et le fruit de son travail est mis à disposition de l'entièreté de la population.

Par exemple:

Daniel est là depuis le début, il est pêcheur. Une fois le poisson pêché, il le dispose dans le cellier commun, créant ainsi un stock. Daniel est en concubinage avec Josy, forgeronne. Elle produit des outils avec le fer que lui apporte Jean-Marc, mineur et le bois que collecte Micheline, bûcheronne. Elle remise ses outils au cellier, avec le poisson, créant elle aussi un stock.
Le stock de nourriture, comme celui du bois de chauffage, est réparti par d'autres colons. Ils dispatchent les denrées de façon équitable selon les habitations.

(Un de mes villages, peuplé de 124 âmes après 45 ans d’installation)

La maison de Daniel et Josy ce sont Simon et Carline qui l'ont bâti, comme toutes les autres entre le marché et le port...

Bref, dans Banished, chacun possède un métier qui le rend utile au sein de la communauté, de l'instituteur au chasseur, en passant par le forestier et le bâtisseur. Et l'équilibre est extrêmement délicat.
Si je décide que Micheline cesse de récolter du bois et que je ne la remplace pas, laissant seul son collègue Kévin, avec moins de matière première Hamine aura moins de bois de chauffage à produire, cela va manquer dans les chaumières et la moitié de la population va mourir de froid lors du prochain hiver...
Ce jeu simple, exigeant et prenant, fonctionne sans aucun rapport de domination économique, militaire ou hiérarchique. Lorsqu'elle vit pendant un siècle, notre communauté évolue sans encombre si l'on fait attention à maintenir l'équilibre entre la production de ressources et l'accroissement de la population. Car évidemment, Daniel et Josy vont avoir cinq enfants...



Bien sur il s'agit simplement de maintenir la progression d'un algorithme mathématique aux multiples variables et non d'une véritable expérience humaine et sociologique. Il faudrait "bannir" la notion d'individualité et d'initiative personnelle pour qu'une société fonctionne de cette manière.
Mais ce qui est remarquable, c'est l'association de deux notions:
D'abord le partage équitable, sans lequel la fin est assurée, puis l'absence de relation hiérarchique. Certes le joueur distribue les rôles, tout le monde ne pourrait pas choisir de devenir cueilleur. Cependant, pour que la société fonctionne, comme pour les denrées, la répartition des tâches doit elle aussi être équitable.
Et c'est un riche exemple pour notre société parasite, où la création et la production ont laissé place à la consommation et au service.



Cela éveille chez moi une autre dissertation, celle de l'utilité de la création de jeu vidéo de manière indépendante, utilité créative, économique et écologique, dans un monde moderne où Minecraft a remplacé Lego (ou presque ;) )...



lundi 25 janvier 2016

Un enthousiasme débordant.

Après avoir exercé ma nouvelle situation, titulaire remplaçant Brigade, dans le creux du haut Bugey, me voilà par chance et pur hasard, de retour près de Lyon.
Après avoir passé 4 mois de vélotaf intense, mon trajet étant de 23 kilomètres jusqu'à mon école, je me retrouve à autotafer de façon très rébarbative.
Heureusement, j'ai retrouvé ma condition physique, mon entrain et la motivation dans la bicyclette.

A raison de deux heures de vélo par jour, j'ai pu constater l'aliénation qu'exerçait la voiture sur mon équilibre. Je mettais autant de temps que pour aller dans le Bugey, seulement j'allais à vélo.
Ce temps est mis à profit par la méditation cycliste, dont j'ai parlé dans le billet précédent. Là où le corps se coordonne avec la tête et où l'on s’aperçoit que l'on a pédalé pendant 30 minutes sans y prendre garde.
Il nous reste le temps d'évaluer, de préparer, d'organiser sa journée à venir. On revient sur sa journée passée et une fois à la maison c'est l'euphorie des endorphines qui prend le relais.
Et tout va mieux, même la mauvaise journée.

L'expérience de la "festive 500" relatée précédemment m'a ouvert les yeux sur ma pratique cycliste et m'a donné le goût de l'aventure raisonnable.
Si j'ai toujours aimé rouler, j'aime par dessus tout prendre les chemins de traverse. Personne n'aime rouler sur le même bitume que les autos. Moi j'aime le petit chemin vicinal, celui qui n'est parcouru que par le riverain, travailleur ou promeneur.





Toutes mes balades, randos ou excursions, je les préparais à l'avance. Soit je connaissais le coin par coeur, comme en Bourbonnais, soit je m'attachais à une carte. Puis je m’arrêtais pour regarder le chemin sur mon téléphone.
Cet hiver je me suis aperçu que je passais à côté de nombreux plaisirs cachés. J'ai essayé de nombreuses fois de prendre ce petit chemin ici, cette allée là, le sentier sympa par là. Tombant sur des impasses, des chiens ou des fossés. Quelques fois sur un autre chemin, d'autres fois sur une route trop passante.
Et pourtant je me suis moqués d'eux, pendant longtemps, de ces types le regard vissé sur leur potence, mesurant leur pouls ou tentant de maintenir leur moyenne. Puis je me suis renseigné. Le compteur fait aussi GPS ou le contraire je ne sais plus. Et il permet donc de suivre un itinéraire tracé auparavant sur logiciel.
Donc, pour moi, il s'agit de pouvoir mettre bout à bout tout les petits chemins que je croise durant mes balades et ainsi éviter efficacement (par exemple sans se perdre en galère au bout de 4 heures alors que je suis en hypo) les grands axes que je redoute tant.
Enfin me concentrer sur les chemins à tracteurs, entre deux bocages.

En un mot, je suis passé du côté MAMIL de la force. Ce que j'honnissais auparavant, je le chéri maintenant. Sans doute parce qu'avant je n'en voyais que l'assistanat et son usage abusif et que, devenu désormais utilisateur, j'en apprécie le confort. Comme le smartphone, connerie absurde du tout immédiat, devenu indispensable.
Est ce que je me suis fait avoir comme un gros pigeon ?
C'est ce que je tente de vérifier.

Pas plus tard que ce week-end, je dessine une balade dans le début des Dombes, en ne prenant que ce que je pense être des "routes sans revêtement" et zou, je pars.
Quel pied mes amis, perdu au milieu de champs inconnus, me bornant à suivre les indications du biniou. Une petite quarantaine de bornes avant de retrouver un chemin dont j'ai l'habitude et de rentrer.



Oui j'ai été assisté. Est ce que j'ai pris du plaisir à rouler ? Oh que oui.
En ai-je pour autant perdu mon sens de l'orientation, mes compétences en lecture de carte (que je sais bonnes, j'ai eu 20 au Bac en course d'orientation, déconne pas) ?
Absolument pas.
Par contre j'ai découvert des endroits super chouettes, où je retournerai me balader pour sûr !


(c'est cadeau)

vendredi 1 janvier 2016

Un petit tour de bicyclette

Chaque année l'application Strava et la marque Rapha organisent un défi internette, celui de parcourir à vélo 500 km minimum entre le 24 et le 31 décembre. Ils nomment ça la "Festive 500".
Pour le commun des cyclistes, pas de gloire, pas de prix, juste la satisfaction d'avoir passé ses vacances à user sa selle.
Je ne l'avais jamais fait et je n'ai pas franchement roulé cette année 2015, en enlevant le vélotaf. Donc j'ai une condition physique proche du beignet et une volonté proche de zéro.
Seulement voilà, il fait beau, il fait chaud et j'ai la perspective de passer cette période dans le Bourbonnais.
Et s'il y a un endroit où j'aime rouler, c'est bien dans le Bourbonnais. Donc je mets ma bicyclette dans le coffre et zou, on verra bien.

J'ai commencé plutôt doucement, 30 bornes, puis 50. Tranquille, je crache bien mes poumons, j'en chie, je me décrasse.






Il fait toujours beau, toujours chaud et cela devient un devoir de préparer un itinéraire puis de sortir le lendemain, faire mes 70 kilomètres. Je prends plaisir à souffrir et à retrouver ces paysages vallonnés, que j'ai appris à apprécier au fil des années. Le vélo est une autre approche du territoire, si on ne se borne pas à la performance. En quelques années j'ai découvert un nouvel endroit, un pays que je ne connaissais pas vraiment.
Les bouchures sont des environnements propices à la solitude cycliste, le paysage n'est jamais monotone et on est souvent accroché par un détail, un décor particulier qui nous sort de la méditation.
Le Bourbonnais c'est aussi le coin de René Fallet, qui vous parlera mieux que moi du vélo par dessus la bouchure.

Donc je roule, je me fais un petit programme en essayant de varier, de ne jamais passer sur la même route (autant que possible) tout en partant de Cosne d'Allier. Le moins évident reste d'innover, de trouver le bon chemin, le bon sentier qui me donnera la pêche...


La seconde partie du défi, c'est de concilier vélo et fêtes. Pas évident de faire comprendre à toute sa famille que ce qu'on veut c'est rouler, que ce n'est pas égoïste, que c'est un moment rare. Chez moi ça n'est pas très grave, ce n'est pas sacré. D'autant que mes occasions de rouler ici sont peu nombreuses.
J'aimerai bien écrire sur la sensation et les émotions que procurent le vélo au cycliste solitaire, même modeste. C'est assez unique et personnel, c'est aussi pour ça qu'on s'acharne à cet exercice masochiste. Mais je n'écrirai pas là dessus, je sais pas faire.
Sur l'exercice de la "Festive 500" je dirais que c'est une expérience qui nous décale complètement de la réalité. Alors que tout le monde bâfre en groupe, on souffre en silence.
J'aimerai recommencer l'année prochaine, avec un temps de merde s'il vous plait. Pour savoir si la motivation peut prendre le dessus sur les éléments. Cette année, c'était cadeau, 15 degrés fin décembre c'est tricher...

Au final j'ai plié les 500 kilomètres, tranquillement, sans me presser, sans me blesser, en prenant un plaisir sain, agréable et étrange. Et putain, j'en avais bien besoin...