mardi 24 janvier 2017

Compass Segundo

Mardi 24 Janvier au soir:

J'ai parcouru 1500 km depuis le premier décembre, sur mon Fairdale chaussé de Compass Barlow Pass 38c, avec chambres.
Mon premier ressenti et les conditions de test ont déjà été étalés dans l'article précédent, aujourd'hui je pose un bilan précoce.



En roulant quasiment chaque jour de travail, j'ai accumulé environ 1500 km en 2 mois, sur des revêtements divers et aléatoires. Ce n'est pas vraiment significatif ni représentatif, mais cela me permet d'avoir un avis sur ces pneus.
Pour une pratique gravier/route un peu chargé, type rando légère ou Brevet, le confort apporté est majeur. Je ne répéterai pas les atouts et les avantages des pneus à gros volume, mais il m'est impossible aujourd'hui de rouler en dessous de 35mm de diamètre.
Sur route les aspérités sont gommées et le pneu fait filer droit, comme sur de la moquette. Sur chemins le relief est absorbé, au pire amorti. On sent la secousse mais la souplesse du pneu permet d'atténuer la transmission des vibrations. De plus, le rendement devient plus souple lui aussi, il est plus aisé de contourner nids de poules et ornières humides...
Je ne roule pas vite, hors vélotaf mes moyennes sont de 25km/h, autant dire que je flâne. Cette flânerie en est donc plus agréable.

C'est ici que le bas blesse, en vélotaf je ne vais pas vite mais je ne flâne pas. De plus, mes beaux pneumatiques sont désormais marqués d'un stigmate qui ne trompe pas: l'incision. En effet, certaines pistes cyclables que j'emprunte sont par endroits parsemées de verre pilé et je dois régulièrement épiler les pneus afin d'éviter leur usure prématurée. Sur de la gomme aussi tendre que celle des Compass, le moindre petit éclat fait des ravages, je constate de multiples coupures étroites mais profondes.
Si je continue ainsi, dans 1000 km mes pneus seront inutilisables, car à la moindre pluie je risquerai la crevaison. Je suis donc pris dans un dilemme terrible.
Continuer avec ces pneus, au risque de devoir m'en débarrasser prématurément ?  Revenir sur des tuyaux d'arrosages inconfortables mais durables ?

Je pense choisir la voie de la raison. Je n'ai pas envie de gâcher une si belle paire de pneus en trajets utilitaires. De plus je suis désormais en proie au doute lorsque je roule, la peur de la crevaison !
Je préfère chausser les Compass sur mon Croix de Fer et leur faire vivre une vie paisible sur les chemins du Bourbonnais où je pourrais en profiter un maximum. Quitte à sacrifier un peu de plaisir sur mes trajets quotidiens.
Mais c'est le prix de la sécurité et de la cohérence.
Non, les pneus Compass ne sont pas des pneus que l'on peut dédier à une pratique vélotaf intense. Ce qui ne les empêche pas pour autant d'être excellents sur route et sentier sec car ils sont légers, confortables et efficaces !
Ils sont de loin la meilleure monte que j'ai roulé en pneus lisses et pour une pratique adaptée l'investissement en vaut le plaisir procuré.

vendredi 16 décembre 2016

Compass Primero

Jeudi 1 décembre au soir.
Ce matin, les premiers frimas de l'hiver ont gelé ma barbe et rafraichi mes joues.
Ce soir j'ai monté une paire de pneus Compass Barlow Pass en 38 sur le Fairdale.

A la suite d'un message sur velotaf.com, JP de 2-11cyles m'a contacté pour me proposer un deal sympa sur une paire de Compass. Comme je suis joueur, j'ai accepté son offre, me permettant ainsi de tester des pneus dont les utilisateurs disent tant de bien et les jaloux autant de mal.

Mais j'avoue que je serre un peu les fesses pour mes premiers trajets avec ces pneus. Ils ne semblent pas du tout rivaliser avec mes Conti Contact Travel, qui sont de vrais tanks...
Les Panaracer Gravel King en 32 m'ont auparavant énormément déçu, par deux crevaisons le second jour d'utilisation (pincement puis épine). Le profil semble similaire, mais au déballage les pneus Compass respirent franchement la qualité et ils iraient tellement bien sur mon Croix de Fer !!
Mais ça n'est pas le but du test.


Voici à quoi ressemble la seconde moitié de mon trajet vélotaf, j'ai le plaisir de très peu rouler en ville:




Elle correspond à ce que j'entends dans le mot valise "gravel", tant à la mode. Du VTC en quelque sorte. Des chemins agricoles, forestiers ou de halages bien caillouteux, secouants mais pas techniques. Sans difficulté nécessitant un VTT ou même une fourche suspendue.
Juste de bons pneus mesurant au minimum 35mm de diamètre...

La première partie est une piste cyclable assez hasardeuse reliant Lyon à Miribel.
J'attends la réouverture du chemin de halage à Neyron pour retrouver un itinéraire 75% graveleux.

Vendredi 2 décembre:
 Un premier aller retour très surprenant. Je retrouve un réel confort de roulage, sur route comme sur chemin. Mon appréhension passe rapidement. En effet, les chemins sont moins tape cul et l'inconfort que je ressentais avec mes pneus précédents (les Conti CT) laisse place à une sensation de glissement, de roulage propre.
J'avoue que j'étais bien en stress suite à mes mésaventures avec les Pana GK...
Je viens de comprendre la différence entre un pneu à 20e et un pneu à 60e. C'est un peu comme si je redécouvrais mon vélo. Roulant, maniable et confortable, même sur les passages qui auparavant me cassaient le cul. On est bien loin du tank qui me secouait comme un prunier.
Après il ne s'agit que de la première sensation, sur sol archi sec. Faut voir si au fil des jours l'épée de Damoclès va pas me démonter...
Mais ce matin et ce soir mon trajet a duré 5 minutes de moins... Et je ne mets pas ça sur le compte de la célèbre "pèche du vendredi matin", ni l'incontournable "folle énergie du vendredi soir", sachant que je suis HS en fin de semaine et qu'il fait -3 le matin...

Lundi 5 décembre:
Aujourd'hui, trajet givré le matin, chargé sur l'avant, rien à signaler.
Petit détour le soir, montée sur les Dombes par la Boisse, puis de la route, excellente tenue. Pas de perte en montée, c'est pas un pneu de grimpe non plus mais l’absorption était minime. Retour au clair de lune, descente rassurée et rentrée au bercail. Bref rien de bien nouveau.
Le confort est toujours là, je me dis que revenir sur un pneu moins agréable sera très difficile. J'attends la pluie et les ravines avant de m'épancher dans l'enthousiasme...

Vendredi 16 décembre:
Voilà.
Retour du travail chargé comme un mulet, je sens que le pneu avant est pas jouasse, je suis un peu sous gonflé...
Total le ressenti est pas mal, pas de rebond, je sens pas les cailloux, le pneu part pas en sucette et ne tape pas...
Déjà plus de 500 bornes emballées avec ces pneus. Pas d'eau, pas de pluie. Rien qui affecte réellement le train roulant. Mais je me suis fait avoir, comme un bleu. Je pourrais jamais rouler autre chose, même si je crève 3 fois la semaine prochaine !
Je peux affirmer que ces pneus sont parfaits pour ce à quoi ils sont destinés, le gravier, le chemin sec, les sentiers battus.
Allez, je me dis qu'il reste de la route jusqu'à Juillet, que la boue va bien venir, accompagnée de ses rivières de galets concassés. La crue du Rhône, les giboulées, je sais pas !

dimanche 27 novembre 2016

les éléments élémentaires

Maintenant que je roule de façon conséquente, je tire des conclusions, j'ai des avis, des impressions tirées d'expériences.
J'aimerai vous faire part des différents éléments essentiels de mon (mes) vélos, qui font que l'effort est devenu plaisir. Qu'à remplacer la voiture par le vélo j'ai apprivoisé du matériel qui, par son confort ou sa durabilité, rendent la contrainte agréable et le vélotaf plus aisé.

l'équipement du vélo:

Le premier, la selle.
Il s'agit du périphérique le plus difficile à choisir car il est le plus personnel. Ce n'est ni l'esthétique ni le prix qui permettent de préférer une selle. Elle se doit d'être confortable, sous peine de s'infliger des souffrances inutiles.
J'ai eu la chance de trouver par hasard ma selle idéale, pour 10e dans un bac de déstock au feu magasin K124 de Clermont. Une selle "bmx" Try-All.

Il s'est avéré qu'il s'agit plus ou moins d'un modèle similaire à la Charge Spoon.
Après avoir dérivé par Flite, je me suis tourné vers Fabric, la nouvelle marque ayant renommé les selles Charge. Elles s'appellent Scoop et se déclinent sous trois modéles: Radius, Shallow et Flat. Chacun correspondant à une position sur le vélo.
J'ai donc équipé mes trois vélos avec ses différentes selles. Pour rien au monde je ne changerai car elles me procure un confort garanti, pour plusieurs heures (mon maximum est 9h de selle, avec une Shallow).
Elles ont l'avantage d'être légères, simples et peu chères. Et en plastique. Ce qui met de côté l'exploitation animale et la peur de l'humidité. Je ne m'attarderai pas sur le confort, car il est différent pour chacun. Je vous prêterai une selle, vous pourriez ne pas la supporter.



Le second, les pédales.
Encore une fois, c'est un ressenti personnel. Je me suis assez étalé ici sur mes problèmes de genoux. Un jour j'ai monté une paire de Crankbrother EggBeater. Légèreté visuelle, liberté angulaire, ça me plait. On me prévenait d'une fragilité précoce. Ma première paire est visible sur mon Genesis en couverture. J'ai du entretenir les ressorts mais je les ai toujours.



J'ai récemment opté pour une paire de Candy, pour 35 euros... Aucune différence, toujours vivantes.
Les cales sont très petites et ne se sentent pas à la marche, les miennes ont un an, sont bien usées mais clipsent toujours malgré la caillasse qu'elles ont ramassée.
Je mettrai en avant la facilité d'utilisation, idéales en vélotaf et le confort. Je ne suis pas un fonceur, je ne force pas comme une brute. Je n'ai donc pas besoin d'une surface d'appui conséquente. Je préfère un pédalage fluide et un maintient relatif. La fixation est là pour m'aider à tirer et à garder mes pieds sur les pédales.



Le troisième, le pneu.
Le Fairdale est équipé d'une paire de Continental Contact 2, en 42. D'origine en 35, j'ai acheté les même en plus large car plus gros c'est mieux.
Le confort de roulage est catastrophique, autant rouler des Marathon Plus. Sauf que les Conti pèsent 300g de moins. Les avantages principaux sont la tenue de route impeccable et l'absence de crevaison en 7000km.
Et c'est ce dont j'ai besoin en vélotaf. Ne pas glisser, ne pas crever.
Aujourd'hui, au bout de 8000km je vais les changer. Ils ont bouffé du gravier, de la boue, de la pc crado, des cailloux, du sous bois... Ils sont désormais assez craquelés et truffés d'entailles. Ce qui m'a conduit à trois crevaisons en 2 mois, hop, poubelle.
Mais je rachète les même, pas pour le SWAG, c'est sur.



(note ajoutée: J'ai monté des Conti travel contact reflex en 42, très bon ressenti, bonne accroche et les passages boueux sont plus aisés)


Le quatrième, la loupiote arrière.
Oubliez les merdes jetables de Knog ou Decathlon. Pensez allemand. Pensez Busch and Muller.
Le modèle IXXI est un rapport qualité prix imbattable. Si elle dure plus de 10h avec un éclairage fixe, elle se recharge très rapidement. Étanche qui plus est. Et sa luminosité en fait l'équivalent d'un phare antibrouillard arrière, pour vélo... Et pour moins de 20e.



l'équipement du cycliste:

Je ne m'habille pas de façon surréaliste avec des habits à la pointe ou swag (no Rapha). Ni avec des vêtements éthiquement responsables...
C'est pourtant un investissement nécessaire pour surmonter l'effort que constitue l'épreuve du froid un matin de janvier...

-pieds:

Chaussures vtt mavic crossride SL elite, parfaites avec un prix contenu, un confort optimal et un poids léger. Combiné à des couvres chaussures Shimano H2O ou des PlanetX Neoprène (froid), on a un combo pour toute l'année, avec lequel on peut (relativement) marcher.
Une paire de chaussettes hautes Btwin et hop.

-cuissards:

L'été je roule en cuissard Poseur de chez ElevenGear, je connais pas le produit de base. Chamois assez fin mais confortable, RAS au niveau des fesses.
L'hiver c'est le cuissard long de Decathlon qui prend le relais, le modèle chaud à 50e et chamois orange. Je lave à la main juste le chamois 2 fois par semaine et une machine par mois pour le préserver...
Même par -5° je n'ai pas encore eu froid au cul.

-les trois couches:

En été un jersey suffit.
Mais en hiver je combine 3 couches: sous pull merinos, maillot manches longues Mavic Cross max Thermo (type polaire respirante), et softshell Bionnassay Decathlon (pour la couche coupe-vent imperméable et passe partout). Avec un gilet jaune D4 par dessus le tout.
C'est un peu chaud en températures positives mais pour aérer j'ouvre un peu ;)

-les mains:

Gants vtt D4 en mi-saison. Combo gants Shimano goretex et sous gants de soie D4 l'hiver. Et j'ai toujours froid...

-la tête:

Toujours une casquette ! et le super casque D4 Btwin700. Léger, confortable, réglable et pas moche.
Un buff en plus entre les deux pour couvrir les oreilles l'hiver.
Sans plaisanteries je laisse ma barbe plutôt longue l'hiver afin de couper le froid et surtout l'humidité sur le menton et l'entrée du cou. C'est très efficace, la preuve en est qu'elle est souvent gelée en arrivant le matin...


Je rajouterai au fur et à mesure des notes et des remarques sur le matos "libre". C'est à dire celui qui n'est pas l'apanage d'un vélo et que vous pouvez donc aussi adopter (pas de retour sur mes lampes dynamo ou sur ma transmission).

samedi 29 octobre 2016

Coming out. Ou pourquoi enfin le VTT.

Depuis 2013 je roule en Genesis Croix de Fer, L'année dernière j'ai acheté un Fairdale pour le travail.
Et cet été j'ai voulu partir en rando.
Pour faire comme sur internet, je me suis traçé des itinéraires sur googlemap, repérant les chemins, les vues sympa, le moins de route possible.
Lors de la troisième étape, Aubenas / Langogne je me suis confronté à la plus grande difficulté que je n'ai jamais vécue à vélo. Monter 10 km de pierrier en poussant un vélo de 25 kilos. Sous 32 degrés au soleil.
J'aurais pu simplement prendre mon mal en patience car finalement, je suis arrivé à Langogne en bon état, presque en forme. Seulement mes genoux n'ont pas apprécié cette rando improvisée en cales auto. J'ai beaucoup souffert, surtout en pensant aux étapes suivantes qui me réservaient sans aucun doute d'autres surprises. La descente a été horrible, mon vélo n'étant pas du tout adapté.
Mes genoux sont extrêmement fragiles, à cause de TFL chroniques (google-it), et je ne peux pas forcer dessus, sous peine de douiller pendant 2 semaines. J'ai donc abandonné, il s'agissait de mes vacances, pas d'une performance sportive. Je me suis rabattu sur de chouettes balades solo autour de Laroquebrou.

J'en ai tiré deux leçons:
1- Mon développement min, 38/36 est trop faible pour rouler chargé ( à la rentrée je suis passé en 36 /36)
2- J'aurais sans doute pu passer cette épreuve si mon vélo avait été adapté, dev plus faible, pneus plus gros, vélo plus stable.

Bref il me fallait un VTT...

Seulement depuis quelques années je me gausse de ces pélos qui vont à Miribel en foule suspat' et je me dis "pas besoin de plus qu'un vélo de CX, on passe partout avec ça".
Changer d'avis ? Devenir le beauf que je dénigre ?
Ça va, c'est pas comme si je mettais le vélo sur le Duster pour aller rouler...

J'ai donc commencé à chercher un cadre, rigide, en 29, acceptant des pneus de 2.5, comportant toutes les caractéristiques pour devenir un vélo de rando. Salsa ? trop cher, Surly ? trop moche. Tiens Brother Cycles vient de sortir un cadre 29 rigide taiwanais, pour un prix correct.
Banco chérie, on vend la caravane.

J'ai déjà:

- roues ZTRcrest, moyeux Hope
- cassette 12-32
- pneus (WTB dissent 2;5 devant, trop fat, Maxxis Ikon 2;2 derrière)
- selle Fabric radius, tds Kris Holm, serrage Fairdale
- pédales MSC superflat
- potence FSA 90mm
- grips Odi Longneck verts
- leviers Avid
- étriers TRP spryre, avec disques
- jdd Xlc
- bdp Gxp

Je trouve:

- dérailleur, manette Sram X7 10v (sur TV, bon le dérailleur est baisé, la vis de fixation est foirée)
- cintre Ritchey wcs 10d
- pédalier Sram GX 32 175mm (neuf Wiggle, de la balle)
- Chaine Deore 10v
- des CAA





Je monte tout ça fastoche, comme une nouvelle boite de LEGO et je croise les doigts.

Le cadre est-il à la bonne taille ?
Les réglages sont-ils corrects ?
Je n'ai jamais roulé en VTT, vais-je prendre du plaisir ?

c'est un peu le mystère, mais c'est chouette

Je fais un petit tour avec, j'ai l'impression d'avoir un gros BMX, c'est coolos. Je me sens plutôt à l'aise.

Du coup, je vais tester le vélo avec un autre professeur des écoles.






Résultat, des sensations bizarres qui se sont transformées en plaisir et en satisfaction totale. Je m'attendais à subir le changement, aux genoux qui coincent, au dos qui grince, aux épaules qui souffrent. Que dalle, 30 bornes de singles sur 50 de roulage, et rien, juste du plaisir.
Dans deux ans j'ai trente ans, je pourrais peut-être enfin assumer. Mais pour l'instant j'ai honte.

(non je ne parlerai pas du poids du vélo, de ma vitesse moyenne, des performances possibles. Je m'en contre tape, j'ai kiffé. )

mardi 5 juillet 2016

Bilan d'un vélo de vélotaf

Il y a un an j'achetais un vélo Fairdale Weekender Drop, dans le but de l'utiliser comme vélotaf, prévoyant 5 aller-retours/semaine de 17km, sur du chemin plat.
Je l'ai directement tuné, à base de pièces sous le coude.

Oui, il s'agit d'un quai de gare, ça m'est arrivé...


J'ai fait 3000 bornes entre septembre et Noel (plutôt 23 que 17 !), après l'avoir équipé de gardes boue, portes bagages et pneus en 42 (conti contact 2)
Il suppléait parfaitement mon Genesis Croix de Fer, trop précieux, relégué alors aux sorties boueuses voire sportives.

Il ne s'agit que d'une base cadre fourche en Cromo, de type bateau. Il n'est ni ultra rigide, ni nerveux, c'est juste un vélo. Assez réactif pour se faire plaisir à vide, assez stable pour rouler chargé.
J'ai tout de suite été à l'aise dessus, Fairdale est vraiment une marque à suivre. Pour ce qui est du vélo dans sa définition ils sont parfaits. Image sympathique, créneau de la balade plaisir et utilitaire, ma copine a le même modèle sans les drops, 8 bornes de vélotaf par jour, depuis un an. Il est resté stock et n'a pas bougé d'un poil, à part un réglage des freins et une tension de roue arrière (deux grosses mauvaises expérience chez Vélostation Lyon Saxe ET Quai Pierre Size).

Son mono plateau et ses 10 vitesses n'ont jamais été des handicaps et il n'a jamais du être réglé ou nettoyé. Seule la transmission a subi quelques remises au propre pour cesser de souffrir et s'user moins vite.

Début Juillet, les vacances, fin de l'année scolaire, plus de 4000 km au compteur et rien ne bouge. J'ai changé la roue avant pour un moyeux dynamo qui révolutionnera l'année à venir.
Bref, je suis plus que satisfait de ce vélo à 1200e. Pas prétentieux, pas tape à l'oeil, lourd, presque inefficace, mais heureusement infaillible. Pas de casse ni de crevaison, pourtant il a vu de la route en galets, silex, verre pilé, flaques hasardeuses, trottoirs furtifs...

Tellement content le Pablo qu'il est parti pour une rando tout chemin, de Lyon à Aurillac, avec le Fairdale mi sacoches mi emballage de vélo.


Tout ça pour vous dire que rien ne sert de compter sa performance, sa moyenne, l'intensité renvoyée par tel vélo en plastique. L'important réside dans la justesse et l'équilibre, dans le plaisir de la démarche employée, pourvu qu'elle satisfasse l'objectif.
Le mien était d'accomplir une vraie année de vélotaf, de remise en forme de ma carcasse qui s'use. Malgré quelques déboires, ma satisfaction est pleine, esprit comme machine en sont récompensés.


jeudi 9 juin 2016

Bilan d'une année de vélotaf

Cet article paraitra un peu égocentrique, voire narcissique mais qu'importe. Je tiens à revenir sur cette dernière année de travail, 2015/2016, de façon précoce.

Cette année a été marquée par une révolution personnelle assez forte. Vous le savez, cela fait désormais 3 ans que je suis dans la "vie active", entendre que je fais partie des gens que ça fait chier quand on (les invite à faire) fait la fête le jeudi soir. Parceque j'en ai plein le cul, que je me suis levé à 6h, que j'ai supporté 6h de Gremlins, que JE SUIS ALLÉ TRAVAILLER À VÉLO et ce 4 jours consécutifs !

Car oui, j'ai désormais l'immense privilège de pouvoir aller travailler à vélo.
Après 2 ans passés le cul dans la bagnole, à faire du gras comme un connard, je travaille désormais en périphérie de Lyon. Je suis brigadier TRZR, ce qui signifie que je suis remplaçant, qu'on m'appelle le matin pour me dire quelle maitresse absente je remplacerai ce jour-ci, ou plusieurs jours.
La secrétaire sait que je préfère être appelé la veille, pour que je puisse m'y rendre à vélo. 
Dans ma circonscription, je suis désormais connu comme le loup blanc. Je suis le remplaçant à vélo.

Mon trajet vélotaf de base est très simple, il est constitué d'un itinéraire au bord du Rhône, principalement caillouteux puis traversant une agglomération peu hostile. Les variantes sont nombreuses mais le début est souvent le même. Je roule en moyenne une quarantaine de kilomètres par jour, soit une heure le matin et une heure le soir.
S'il faut grimper de bon matin, je prends le train et je reviens à vélo. 
Fixe de Septembre à Décembre, j'ai commencé à découvrir les autres écoles en Janvier. Malgré mon arrêt en Avril, j'aurai parcouru 5000 km fin juin et visité une quinzaine d'écoles.


retour d'animation pédagogique à Villars les Dombes

En terme professionnel, c'est formidable. J'improvise, je m'adapte, je compatis, je prends sur moi. Surtout, j'apprends. J'apprends à investir une classe en quelques minutes, j'apprends à entrer en relation directe avec des inconnus, j'apprends des astuces et des dispositifs pédagogiques, j'apprends prendre du recul sur mon action et j'apprends à mesurer la valeur de ma présence.
Puis je repars sur ma bicyclette.

Le trajet du matin, je construis ma journée. Le trajet du soir, je la déconstruis. Le vélo devient un sas, un temps précieux qui me permet une préparation puis une analyse de mes actes et de mes découvertes. Il me permet de canaliser mon ressenti. Et il me permet aussi de choisir l'abandon. Pendant une heure, j'appuie sur les pédales, je me concentre sur la route. Ce qui est rarement possible.
Je note cependant que lorsque je reviens du travail en voiture, je suis toujours aigris et énervé. A vélo c'est moins fréquent, selon le plaisir du trajet.


chemin de halage le long du canal du Rhône

Beaucoup se sont moqués de ma décision d'acheter un vélo dans l'optique de l'utiliser en vélotaf, alors que j'en avais déjà un sous la main.
Mon Fairdale, équipé de gros pneus d'hiver, de garde boue et de portes bagages, s'est avéré être un vélo formidable. Je l'ai fait évolué au cours de l'année, de façon à obtenir un vélotaf parfait, indéfectible et efficace. Tellement que c'est lui que j'ai choisi pour partir en randonnée en Juillet.



Le Croix de Fer a eut son compte. La Festive 500, les sorties boueuses, les accidents bêtes... il est toujours de service, en période de vacances, week-end et jours fériés pour les sorties disons sportives ou à risque...

Bref, je suis heureux, j'ai réussi à conjuguer mon travail et ma pratique du vélo. Cela a révolutionné ma condition physique ainsi que l'exercice de mon métier.