dimanche 30 juillet 2017

Le jour où j'ai été dégouté de la monoculture.

Au départ, des amis dorment à la maison pour profiter de la fête des Lumières. Ils nous proposent en échange de profiter de leur maison de Royan. S'en suit un débat sur comment y aller.
En voiture, partant de Lyon c'est long, c'est chiant.
En train c'est cher, il faut passer par Paris, se taper des détours inutiles.

Je garde ça au coin de ma tête.
Puis j'y réfléchis et je me dis, pourquoi pas y aller à vélo en Juillet? J'ai pédalé toute l'année, j'ai un bon vélo, ça me fait un projet concret, réaliser enfin ma French Livide.
L'année dernière j'avais échoué, faute d'un vélo adapté, d'une condition moyenne, j'avais laissé mes genoux dans un pierrier. Mais cette année je suis en forme et mon matos est vraiment idéal pour traverser le Massif Central à VTT.
Je remarque que le GR4 part de Royan, passe à Clermont puis redescend vers le Sud. Je n'ai plus qu'à tracer un Lyon-Clermont, au pif et rejoindre le GR.

J'ai détaillé le matos dans l'article précédent, reste à voir si ça ira.
Mais j'angoisse. C'est un exercice difficile que de m'arracher à mon petit confort pour partir de chez moi pour une durée indéterminée, et effectuer un effort intense, chaque jour, pour arriver à l'Atlantique.
Surtout je ne sais pas si j'aurais le niveau, les capacités, pour tenir le coup. Je ne suis pas habitué, je ne suis ni un sportif ni un battant. Mais j'ai envie, même j'ai besoin de me prouver que j'en suis capable.

Le jeudi 20 Juillet, mon vélo est prêt, la roue avant fuit un peu, je remplis ma poche à eau et c'est parti.
Direction le camping de Feurs. Il fait chaud, y'a du D+, je pousse un peu, j'en chie. Je vois Lyon derrière moi, ça y est c'est fait j'ai décollé.
J'ai bien fait de prendre mon VTT, le terrain n'est pas Gravel® du tout. Les descentes sont techniques avec un vélo chargé et je suis bien content d'avoir remplacé mes freins Spyres par des MT2. Le développement 32/42 est salutaire.





J'arrive au camping de Feurs vers 16h, après 7h de route. C'est pas tant mais ça suffit pour me claquer. Genre 70b et 1500d+. En tout terrain. Rien à signaler.

Je passe une première nuit tranquille et je renquille le lendemain direction Courpière. Encore du d+ mais d'un seul coup, suivi de descentes graveleuses ou très rocailleuses.







 Mais rien à faire, je tiens le coup et je campe à Courpière sous la pluie.
Le troisième jour m'intimide. En effet je dois rejoindre Clermont puis aller au pied du Puy de Dôme et choper le GR.
Arrivé à Cournon je croise Geekatori, par hasard et j'aperçois enfin Clermont. Ça me chamboule un peu. Lier à vélo la ville où j'ai étudié, pour simplement la traverser et l'ignorer, cela me rend à la fois très excité et assez anxieux.


La montée de Royat me sèche, mais une fois au pied du Puy, je sens que c'est fait, que j'ai passé un cap.
Je sens que prendre le GR va me faire basculer dans l'autre partie de l'aventure.
En effet, je coule jusqu'à Pontgibaud par des sentiers bien poncés et super agréables.



 Mais c'est le lendemain, le dimanche 23 que j’éprouve enfin le plus grand plaisir à barouder. Je lie Montfermy et j'attaque le GR4 qui me mènera à Aubusson.
Du relief, du d+ facile, mais surtout un terrain très joueur. Entre courtes montées poussées ou enroulées au 42, des descentes bien cornues. Les rayons craquent, les freins chauffent et le mollet jailli. Je croise des tourbières, de jolis étangs Dombesques et des petits sentiers sinueux.






J'arrive à Aubusson éclaté, fourbu, mais ravi. Mon harnais chinois (Lotus) est moins content. Le vélo lui, commence à être bien sale mais tourne bien.

J'aurai bien suivi ma trace GPS, le fléchage quant à lui reste un peu aléatoire et ne correspond pas toujours au gpx de gr.info. Mais le principal est d'arriver au bon endroit.



 Aubusson - Chatelus  commence sous la pluie, mais le plaisir est le même que la veille. Visiblement la Creuse est pleine de merveilles, pas hors d'atteinte.


 Chatelus -Aixe sur Vienne. Les sapins laissent place au bocage, en partie détruit par l’expansion de Limoges. Je suis sidéré par l'intensification du nombre de pavillons "carton" que je croise. En effet, j'ai quitté la Creuse et désormais le Limousin semble plus peuplé. Mais les gens "font construire" des habitations en petits bourgs, toutes les mêmes, toutes pareilles.
Un pavillon en béton, rez de chaussé, fenêtres plastiques, volets roulants, garage avec Duster et palissade en PVC. Par milliers. C'est hallucinant.
Je crois que le passage du vide à l'habité m'a vraiment fait sauter aux yeux ce problème périurbain, qui allait devenir finalement bien rural. Outre la stupidité écologique de la démarche, l'ineptie patrimoniale prédomine largement.
J'avais apprécié les jolies masures perdues au fond des ravines, je suis débecté par ce nouvel habitat clairsemé qui gangrène (depuis des années, je suis pas naïf) les bouchures limousines.
Ce n'est absolument pas flagrant en Allier par exemple, ce phénomène y est beaucoup moins accentué. Et la suite de mon voyage ne fera qu’empirer mon ressenti.


Heureusement il y a toujours des mûres dans les bouchures.


Et ma dose de gluten me relancera pour un tour.


Aixe - Champagnac - pour finalement m’arrêter au Lac de Saint Esthèphe.
Rouler n'est plus vraiment une difficulté, j'encaisse facilement le D+ syndical, je me faufile entre les champs, je passe mille gués. Mon rythme de croisière est établi. Je chante, je baguenaude, je savoure les méandres bucoliques que le GR m'impose. En fait, j'ai l'habitude, le chemin de campagne c'est ce que je préfère.


Il pleut. De Saint Estèphe je rejoins une voie verte qui me mènera près d’Angoulême. J'ai le cœur moins frivole que la veille, ça doit être l'humidité. Le temps est moche puis la route est moche. J'atteins les rives de la Charente pour une étape à Sireuil où la pluie a fait fuir les campeurs.



Ça y est, ça coule. Je me laisse voguer le long de la Charente, jusqu'à Cognac, au soleil sur les chemins de halage. Une étape courte, une étape douce, on croirait entendre du Galliano.


Si le GR pousse par Saintes jusqu'à longer le littoral, le détour est de 140km. Contre 80 direct pour Royan à travers le Far-West.
Je me fais donc une étape droite, Radaviste, filant à travers les champs et les vignes. J'avoue, au bout de 10 jours j'en ai un peu plein le cul et j'ai hâte d'enfin poser mes pieds dans l'eau.


Je me retrouve assez fier et satisfait quand j'atteins, enfin, la côte Atlantique.



Au final j'aurai croisé
-des dizaines de chatons
-des chiens gentils
-des chiens méchants
-des chevreuils
-des milliers de bovins de toutes les couleurs
-des centaines de Duster blancs
-pas une seule crevaison
-pas une seule piqûre d'ortie, ce qui est étonnant
-des centaines de gens à qui j'ai dit bonjour et qui me l'ont retourné, avec le timbre franc et sincère du respect humain
-des dizaines d'automobilistes inconscients roulants comme des cons, sans doute pressés, probablement méprisables
-un gros paquet de D+ avec ou sans cailloux, pour un gros rabibochage, une bonne guerre
ni rien ni personne me disant que je n'avais "pas le droit de"
-seulement deux couples de randonneurs et un tout seul, sur le tracé du GR
-aucune douleur ni aucun soucis mécanique, ce qui m'a gardé serein et apaisé

Pis surtout j'ai fait tout ce chemin avec le pneu avant à l'envers !

Pour qui aimerait reprendre le parcours, je le déconseille fortement aux randonneurs à vélos dits Gravel®. Chargé, cela peut devenir une véritable galère. Je n'ai pas un grand niveau, à VTT le parcours est facile. Mais par expérience, je préfère pousser un VTT emballé (bikepacké) qu'un VTC gravier avec des sacoches devant comme c'est la mode à Grenoble. Et puis des chaussure plates, de type Five Ten Freerider. Cela m'a épargné bien des soucis.
Il y a un sac que je n'ai pas utilisé, celui des liquettes, que je n'ai pas détaché. Je n'ai pas eu trop chaud, je n'ai pas eu froid, je n'ai pas eu faim et surtout je ne me suis jamais poussé à bout. Je n'étais pas venu pour souffrir, d'accord ?!

Je tiens aussi à dire que je n'ai aucune prétention à la performance. J'ai pris du plaisir à m'infliger 10 jours de contraintes physiques et mentales. Mon défi était de partir seul, de subir la difficulté sans endommager les autres et avancer à mon rythme, évitant ainsi l'épuisement et la blessure.
La réussite m'apporte alors une nouvelle satisfaction, celle d'avoir vaincu ma crainte.
Et ce n'est pas sans enthousiasme que je rêve d'un voyage tranquille, moins difficile, mais avec les copains, pour cette fois partager l'effort et la découverte.

Quant à la monoculture, on en parlera plus tard.

samedi 8 juillet 2017

Emballage de vélo 0.8


 Ça y est, l'heure des vacances a sonné.
Je peux donc officiellement commencer à me préparer pour partir en balade.
Pendant que la chaleur excessive pour mon organisme de babtou fragile m'interdit de régler mon vélo, je prépare le matériel qu'il transportera.
J'avais déjà essayé une configuration pendant les vacances de Printemps, j'ai viré du matos, j'ai investi dans d'autre, j'essaye alors d'optimiser tout en étant raisonnable.

 J'ai donc quatre sacoches principales:
- La sacoche de cadre Type Deux Manufacture
- Deux sacs étanches de 5L fixés aux fourreaux de fourche avec des porte-tout Blackburn
-Un sac étanche de 10L fixés au cintre Alpkit Confucius par un harnais chinois Lotus
-Une sacoches de selle KTM

Puis j'ai deux sacs de potence Alpkit ainsi qu'un sac de toptube.  






Le sac rouge contient la toile de tente MSR Hubba Hubba NX
Le sac noir Tribord contient:

- Un maillot rouge manches longue mérinos Alpkit (pas végétalien)
- Un sweat zippé bleu mérinos Quechua (encore moins éthique)
- Un sac à viande en soie Quechua (toujours pas végé compatible)
- Un matelas Thermarest NeoairXlite Matrix #dentisme


Le sac de harnais contient:

- Un maillot de corps coton blanc de mauvaise qualité
- Un caleçon plastique Kalenji
- Un serviette Kalenji
- Une paire de chaussettes Quechua
- Un duvet Quechua léger et pas chaud



La sacoche KTM contient:

(emballés dans un sac étanche léger)
- Une veste de pluie Jacques Peau de Loup
- Une doudoune sans manche Bitouine (surtout pas végan)
- Un short de bain Tribord (bleu marine)
- Un gilet haute visibilité Swouitch de chez Proviz
- Un bermuda Endura

- Un réchaud Primus
- Une popote Quechua


La sacoche Alpkit de top tube contient:

Ce que vous voyez, emballé dans deux sacs congélo.
C'est une batterie Anker, qui me permet 2 jours d'autonomie confortable sans trop aller sur Instagram.


Dans un des deux sacs de potence:

(l'autre étant un vide poche, contenant aussi les vivres de course. Les "snacks" comme ils disent sur bikepacking.com)

- Les outils, il en manque, genre des rayons, du scotch et des maillons.


Et enfin, dans le sac de cadre:

- Une poche à eau de 3 litres
- L'arceau et les sardines de la tente
- le reste du bordel (en blanc c'est un coupe vent léger)



Pas de photo du vélo chargé, ça va venir.
Je n'ai pas encore fait la trousse de toilette mais il me reste de la place. Je fixe aussi sur ma sacoche de selle un câble kripto, une paire de tongs et une tasse en inox pour la crédibilité.

Sur moi j'aurai:

- Un casque Bitouine 700
- Mon kit maillot/bib Poseur
- Des chaussettes Quechua
- Un Buff
- Une paire de 5/10 Freestyler

Voilà, suite au prochain épisode.

dimanche 2 juillet 2017

Train roulant en dérivé de pétrole


Voici un retour pragmatique de mes comparatifs de pneumatiques utilisés quotidiennement sur mon Fairdale.
L'itinéraire parcouru comporte 2km de ville, 3km de piste clairsemée de verre pilé, 7 km de chemin avec gros cailloux, 2 km de ville, 6km de chemin et 3 km de route (ou 4 de chemin si Vtt). Puis retour.


Si j'ai passé l'année 2015-2016 sans crevaison avec une paire de Continental Contact 2 en 40 mm, en septembre 2016 j'ai commencé par crever 2 fois.
D'abord un bout de verre à l'avant qui a fini par déchirer la bande de roulement puis a percé la chambre.
Puis la chambre arrière, crevaison d'usure par frottement. Surement due à l'utilisation par faible pression. Ils recommandent 5 alors que je gonfle ces pneus à 3.

Mais ils étaient rincés. Après 8000b la paire était truffée de verre, lacérée de partout et surtout craquée entre les dessins. Pour 20e le pneu, avec peu de crevaisons, ils s'en sortent pas trop mal. Surtout que la tenue de route est bonne. La traction sur chemin est suffisante et le confort relatif, vis à vis de ses concurrents (les fameux Marathons).

Je les ai donc bennés pour une paire de Panaracer Gravelkings en 32, 20e l'unité. J'ai sans doute été attiré par l'appellation Gravel©, me disant qu'elle compenserait le "faible" volume et le petit prix.
Ce sont des pneus légers, souples, faciles à monter. Je gonfle à 3,5 bars.
Sur route, les sensations sont bonnes, ça file. Arrive le chemin. Et là, la cata. Je roule sur des œufs, je suis pas à l'aise. La traction est mauvaise, le pneu arrière chasse, je sens le relief directement dans mon coude.
Le lendemain matin, une inattention, une ornière, je pince de l'avant.
Chiant, je répare, je gonfle à 4.
Mauvaises sensations, j'arrive à l'école par la route.
Retour, crevaison arrière, épine classique...
J'aurais pas fait 100 bornes avec cette paire. Je la classe définitivement comme pneu de route gros volume, mais pas Gravel© du tout.

J'attends d'un pneu pour le vélotaf qu'il me conduisent au moins 5000b sans crevaison, avec une bonne accroche pluie/chemin et un confort minimum.

Je commande une paire de Continental Contact Travel en 40 dont le profil m’intéressait.
Aussi confortables que des M+, panade totale dans l'humide, désagréables à rouler. Je m'étendrai pas sur ce pneu qui est mauvais, pas cher, valable pour un VTC d'entrée de gamme.

Entre temps je reçois une paire de Compass Barlow Pass en 38 que je monte le premier décembre.
J'en ai déjà fait un retour ici, au bout de 1500b. Ce sont de très bon pneus, mais pas vraiment utilisables pour du vélotaf intense.

Je rachète donc une paire de Continental Contact 2 qui au final me conviennent pas mal car ils sont solides et polyvalents tout en restant très roulants.
Mais j'attends un restock de Specialized Sawtooth en 42, flancs beiges.
Malgré mon aversion pour l'entreprise satanique, je place dans ces pneus un bon espoir car si Spé sont des vrais rats, ils ne sont pas mauvais en conception et il est possible que leurs pneus soient réussis.
Je les monte mi Mai. J'ai du refaire le parapluie de ma roue arrière car ils ne passaient pas la base gauche. Je roule alors sans garde boue avec 3mm de marge entre le pneu est les bases...
Heureusement, ils s'avèrent plus confortables que les Conti, aussi roulants mais surtout très efficaces en chemin. Ils sont très agréables à rouler et acceptent de descendre un peu plus en pression.
1500b plus tard, ils sont comme neufs et aucune crevaison à déplorer.
Me voilà ravi, voilà un bon pneu vélotaf, pas trop lourd, joli et au prix pas exorbitant.

En parallèle de ces tests, j'ai roulé mon VTT en Maxxis Ikon 2.2 d'abord.
Avis mitigé, bon rendement mais faible résistance à la crevaison. Ils sont sensibles aux épines et le verre se fait facilement un chemin.
Puis j'ai investi et franchi le pas du tubeless, en montant des Maxxis Ardent 2.4.
Aucune crevaison depuis, confort ultime sur chemin, faible pression. Je l'utilise si je suis fatigué. J'ai retiré deux épines, mais pas de lacération ni perte de pression.

Je continuerai donc avec les pneus Spé, si j'arrive à adapter les garde boue pour l'hiver prochain.
Certes, ces essais demandent un investissement financier notable. Mais sachant que je n'utilise que mon vélo pour me rendre au travail, je peux facilement me permettre de dépenser 50e par semaine, que je n'aurais pas donnés aux raffineurs, préférant une utilisation plus "durable" des dérivés du pétrole...

samedi 1 juillet 2017

Bilan d'une année de vélotaf intensif.

Plus qu'une semaine et c'est une année scolaire qui se termine.
Une année qui m'aura permis de "vélotafer" de façon "intense", enfin.

Pour un trajet plat de 23km, composé essentiellement de chemins de halage, je peux prétendre à tirer des conclusions sur une pratique dite "Gravel©" ou VTC pour les non anglophiles.


J'aurai parcouru un peu plus de 7000 km. J'ai utilisé mon vélo au maximum, sauf au cœur de l'hiver où je me suis permis de covoiturer le mardi, me préservant un peu.
J'ai roulé par -10° et par 37°.
Je suis arrivé seulement 3 fois trempé comme une soupe.
J'ai cassé un garde boue avant.
J'ai utilisé 9 paires de pneus différentes (Conti contact 2- 40 usés, Conti travel contact 40, Panaracer Gravelking 32, Compass Barlow Pass 38, Conti contact 2- 40 neufs, Specialized Sawtooth 42, Maxxis Ikon, Maxxis Ardent, Schwalble G-One 35).
J'ai utilisé majoritairement mon Fairdale mais quelques fois mon CDF et beaucoup mon Big Bro.
J'ai crevé 7 fois. J'ai roulé une fois avec une chambre à air nouée.
J'ai appelé une fois des copains pour qu'ils m'apportent des rustines.
Je n'ai jamais écouté de musique en roulant.
J'ai croisé 3 fois des copains par hasard.
J'ai battu aucun KOM.
J'ai nettoyé une fois mon vélo à l'école car il était vraiment sale.
J'ai restitué un téléphone portable.
Je n'ai pas roulé sous la neige, à mon grand regret.
J'ai confisqué un paquet de handspinners.
J'ai toujours porté mon casque.
J'ai croisé des gens qui copulaient dans une voiture à 6h45.
Je me suis fait rembarrer par un bureaucrate de chez VNF.
J'ai vu ma gueule dans 200.
J'ai utilisé deux fois ma voiture pour aller travailler. Une fois pour partir en vacances juste après. Une autre fois pour rapporter des trucs lourds, gros et chiants.
J'ai jamais eu mal aux fesses.
J'ai souffert certains vendredi.
J'ai ultra validé le combo moyeu SP x lampes BetM luxos IQ2.
J'ai perdu zéro kilos.
J'ai souvent pris la pluie alors que j'avais bien nettoyé ma transmission la veille.
J'ai eu un peu mal au coude mais pas trop et pas souvent.
J'ai éclaté deux paires de plaquettes arrières à base de sable humide dans l'étrier.
Mon sac ILE est toujours resté étanche.
J'ai écris des mails à deux municipalités et à VNF.
J'ai roulé 2h30 chaque jour.
Je vais enfin devoir jeter mon cuissard Poseur.
Je suis passé pour un héros auprès de la moitié de l'école. Au moins auprès des élèves. De ma classe.
J'ai eu le droit de partir un peu en avance des réunions.
J'ai traversé des piscines de boue.
Je me suis fait doubler dangereusement par un paquet de blaireaux.
Je n'ai pas réussi à faire rouler mes collègues.
Je n'ai eu/vécu aucun accident ni aucune altercation avec quiconque.

Je vais souffrir l'année prochaine si je dois prendre la voiture

samedi 22 avril 2017

Mon bon anniversaire

Afin de commencer gaiement ma dernière année de jeune, je voulais passer ma journée d'anniversaire sur mon vélo.
J'avais donc prévu de relier Vichy à Cosne d'Allier (où habitent mes parents) à VTT. Le trajet me paraissait faisable, le GR463 passant par Vichy jusqu'à Lapeyrouse me donnant un itinéraire d'avance varié et sûr.
Que l'on s'entende, c'est la première fois que j'emprunte un GR, à pied comme à vélo. Cela me permettrait de mettre à l'épreuve mon vélo, chargé, sur une journée de sentiers vallonnées.
Au programme donc, 45km de Vichy à Ebreuil, 30km d'Ebreuil à Lapeyrousse, pour terminer par 35km jusqu'à Cosne. Je n'avais jamais parcouru une aussi longue distance en VTT, chargé qui plus est.

Je me lève à 5h45, je saute dans le train de 6h40 et j'arrive à Vichy à 8h30. J'ai rien branlé depuis une semaine, je suis en forme. En plus il fait beau et on commence par du bon gravier de plaine, façon Radavisme, la flanelle en moins.


Je glisse jusqu'à Gannat, où commence la première ascension, forcément on attaque un côté des Combrailles. Rien de bien méchant, de la caillasse, je pousse un peu puis ça redescend. Je passe les premiers gués. Ça ne sera qu'un petit aperçu de ce qui m'attend...







J'arrive à Ebreuil, donc 45km, il est midi. J'ai donc mis 3h30, normal les 30 premières bornes étaient roulantes.
Je termine mon gâteau d'anniversaire et je fais planter mon gps. Dégouté, je perd la première trace, je fais un trait sur des stats qui auraient pu me servir de repère...


Je repars, fort d'un enthousiasme qui me dit "t'inquiète le reste c'est de la tarte".
Que nenni, il s'ensuivra des montées poussées, des descentes difficiles, de la boue, des arbres en travers, des gués à passer à pied, des gués à passer à vélo, des gués à contourner.
Certes, le GR me fait passer par tous les endroits chouettes, à l'abri de la circulation et au plus près de la nature. Mais je ne m'attendais pas à autant de détours, de contournements, de montées abruptes et sans répit. C'est sans doute le prix à payer pour profiter du calme.








Il ne fait pas chaud mais dans l'effort le soleil me brule et en descente je meurs de froid.
Vers 15h30 je rejoins Lapeyrouse par la départementale, une petite trêve finalement bienvenue qui me fait gagner facilement une heure et qui me rebouste pas mal. Toujours aucun commerce, tout est fermé. Pas de Coca mais le robinet du cimetière est salutaire. J'ai bu mes 3 litres, il me reste 35km.
Je quitte donc le GR pour suivre un itinéraire que j'ai tracé. Il alterne petites routes communales et sentiers agricoles. Si la route est moins difficile, le vallon aussi, on a quitté les Combrailles et on rentre en Allier.





Juste avant Doyet ma chaine explose. Je crois que le mélange Shimano/Sram lubrifié à la poussière, ça n'est pas l'idéal. Je "ne touche pas à la hache" et je repars. Un Orangina à Doyet, je commence à être dans le mal. Heureusement que je connais la dernière partie par coeur, c'est le Bourbonnais. Les chemins sont faciles, roulants, mais j'en chie un max. J'arrive enfin à 18h30 en entrant dans Cosne, mon gps s'éteint à 25%.
Chiant.

Cette journée de VTT m'aura appris plusieurs choses.

Matériellement d'abord, j'étais très content d'avoir mon VTT, sans quoi je n'aurais pas pu rouler plus de 30 bornes. Je n'ai jamais été en difficulté technique. Les seuls moments durs étaient les raidilllons  à plus de 10%, pleins de cailloux, de racines ou de feuilles. Même à sec je n'aurais pas pu monter.
Chargé façon emballage de vélo, j'ai réussi à obtenir un équilibrage quasi parfait et en descente je reste très stable. La direction reste légère et les pneus font un super boulot. Les Ardent en 2.4, tubeless, n'ont jamais failli et rendent le vélo super confortable que cela en est très étonnant.
J'ai utilisé souvent le 34/42, ça monte bien mais la lenteur fait peiner à garder l'équilibre.
Mes freins par contre, chargé en descente je suis pas rassuré du tout. Vivement que je passe à l'huile.

Je suis super content de rouler en pédales plates, ça me permet de pouvoir pousser sur mes pieds dans les montées sans risquer de me blesser, et cela me rassure beaucoup dans les passages techniques où le pied à terre est souvent salvateur, comme pour remonter sur le vélo. J'ai une paire de chaussures Five ten Freerider, qui sont confortables, avec une semelle bien rigide et un look pas dégueulasse.

Question confort, je le savais déjà mais j'ai passé 10h de selle sur ma Fabric sans ressentir la moindre douleur, malgré mon cuissard Poseur usé jusqu'à la trame. Je redoutais un mal de coude, je n'ai même pas senti de pincement. J'ai fait les 100b sur mes grips ErgonG3 sans gants, rien à signaler. J'ai cependant un peu mal aux épaules, il faut dire que je suis pas habitué à encaisser sur avec un cintre de 76 cm...

Bref, ce fut une sortie très intense, très difficile pour mon petit niveau, mais qui m'a permis de mesurer certains éléments que je ne faisais qu'estimer auparavant. Puis j'ai passé une belle journée en solo, à vélo, où seul le cliquetis de ma roue libre Hope venait perturber le silence de la nature.

samedi 8 avril 2017

Emballez c'est pesé

L'emballage de vélo, un bien beau projeeeeeet:



Depuis que j'ai mon Bigbro, j'ai l'envie brulante de l'emballer pour partir en balade.
J'ai d'abord tâché de le passer en tubeless avec des pneus en 2.4, un cintre confucius bizarre, des grips Ergon 3 et de le rouler un peu en vélotaf. Après 350b dans cette configuration, je teste l'emballage complet, pour voir comment mon vélo se comporte sur mon trajet, chargé.

D'abord le poste de pilotage:

Un harnais Lotus ebay, contenant un sac 20L Alpkit. Le harnais est prévu pour un sac de 10L, il peut difficilement accepter un diamètre supérieur (les sangles sont trop courtes). Cependant, le système vient parfaitement s'arrimer à l'extension du cintre Alpkit Confucius. Le tout étant parfaitement stable sans pour autant toucher le tube de direction.
Dedans il y a mon sac de couchage et ma popote.



Deux poches de potence Alpkit taille médium.
Les petits outils à gauche, le bordel et les vivres à droite (absente ici). Il y aura aussi une sacoche de toptube Alpkit, medium. Je vais pas détailler le contenu, chacun s’accommode. Je ferai une liste après avoir éprouvé le système.

Dans mon sac de cadre Blackburn large, il y a 3 litres d'eau, un gilet jaune, une polaire Mavic, mes papiers, argent et téléphone. Cette sacoche est rigide et fiable, l'inconvénient est la perméabilité par le bas et le fait qu'elle ne rempli pas l'intégralité de l'espace libre.

Ma fourche me permet de monter des "porte tout" Blackburn. Ils accueillent parfaitement les sacs étanches de 5L. Notamment celui du rayon humide de Décathlon, qui est lourd mais rigide, ce qui me semble important pour placer un sac ici. Il est plus stable que l'autre sac classique et j'ai moins peur qu'il termine dans les rayons.
Pourquoi ne pas avoir gardé un rack avant avec sacoches ??
L'avantage des "porte tout" c'est qu'ils sont placés sur l'arrière des fourreaux de fourche et influent beaucoup moins sur la direction. J'ai l'habitude de rouler chargé à l'avant et je sens réellement une différence (bien sur, les 76cm de large du cintre aident pas mal).
Dans les sacs il y a mon matelas, des vêtements et la toilette.

Dans mon bidon Fabric de tube de dessous, il y a l'eau de secours. Pour la détresse ou les pâtes du soir.

La sacoche KTM est suffisamment stable, je fais peu de danseuse de toute façon. Elle contient ma toile de tente et ma veste imperméable.


Bref, l’intérêt de tout ça est de limiter la charge mais aussi de la répartir de façon équilibrée, pour obtenir un vélo chargé mais stable et maniable.
J'ai fait un a/r vélotaf hier ainsi, j'ai été franchement surpris. Mon vélo est beaucoup plus agréable à rouler que les vélos que j'avais chargés précédemment. Sur les chemins c'est une tuerie, j'ai beaucoup moins de questions à me poser et j'ai vraiment hâte de partir avec.


vendredi 10 mars 2017

Prenons des gants

Un jour ou l'autre, dans la vie d'un collectionneur compulsif, arrive le moment où on se dit "mais pourquoi ?".
Ce soir j'ai reçu une paire de gants, ajoutés à la commande de "porte-tout" Blackburn. Sous le vague prétexte que je n'ai pas de "gants longs pour les saisons chaudes".
J'ai six paires de gants.
Il faut admettre que chaque paire a son utilité. Les gants urbains trashs faciles à enlever, pas pleurés si perdus, les gants imperméables, les gants pour le gel, et ceux pour la mi-saison. "Des gants d'état, gants d'été, gants d'hiver, gants d'automne et de printemps, mitaines pour petits et grands". Oui, une seule paire de mitaines. Et je n'ai pas rajouté les sous-gants.


Il m'arrive souvent de changer de gants à mi parcours, soit parce que j'avais mal évalué la température, soit parce qu’il fait plus chaud (il y a une amplitude de 7 degrés de variation de température sur mon trajet), soit parce qu'il pleut...
Des gants en veux-tu en voilà, de quoi bien évidemment, faire un petit tour sur la question...

Personne n'est égal face à l'onglée. Avant les pieds, les mains sont la première partie du corps à souffrir du froid à vélo. Elles bougent peu et sont plein vent. Sans tomber dans les travers des manchons, à défaut de petit boléro, changeons de gants. Il ne faut pas les perdre. Ni les oublier. Il faut être méthodique, attentif car chaque erreur se paye très cher et le trajet devient un calvaire.

Il me vient alors une seconde question, pourquoi ai-je autant de paires de pneus que de paires de gants ?