lundi 28 août 2017

Archipelago tour, version courte.



 Pour respecter le partage des tâches et l'équilibre du couple que j'ai le bonheur de former avec ma conjointe, le mois d'Aout est consacré à ses vacances. C'est à dire que c'est elle qui choisit. J'ai eu le temps de prendre les miennes en Juillet, c'est à son tour et elle doit composer avec ma présence.
Cette année l’Allemagne et Berlin étaient au programme, avec une virée à vélo et une autre en kayak. Je me faisais un plaisir de connaitre enfin ce pays qu'elle connait bien.

Dans le train pour Paris, le guide de la Finlande qu'elle m'a tendu m'annonçait un changement de décor surprise. Nous voilà donc partis pour le Nord, le vrai.
Je ne m'attarderai ici que sur la partie vélo, le kayak ayant été repoussé en Ardèche pour des raisons de confort. On est pas venus pour souffrir, d'accord !

Les Aventures Pédestres et Touristiques sont détaillées en détail sur mon instagram.
Le vélo commence à Turku, où on récupère deux clous à triples plateaux et selles en gel, avec sacoches en tissu. De quoi mettre à sac en 5 minutes mon expérience de bikepacking méthodique de Juillet.







Jour 1


On enfourche nos petits vélos à 17h, le temps de prendre la pluie en allant au camping de Ruissalo...
Cependant, cette première balade est positive, on constate que les pistes cyclables sont très agréables et les automobilistes sont très courtois.
Première nuit au camping, on teste notre organisation et on refait nos paquetages avec des sacs poubelle que j'avais pensé à apporter en prévision.

 Anna mange un gâteau devant l'église de Turku.

 Une piste cyclable dans la campagne


Jour 2

 Réveil rapide et départ long, on décolle à 11h et on navigue jusqu'à Naantali où on se fait un sandouiche en se disputant et en relativisant car on a fait que de la piste cyclable pour l'instant. Puis on croise l'auberge de riri.
On redécolle, on partage la route avec des automobilistes nombreux mais gentils. Contrairement à nos habitudes, pour dépasser ils ne frôlent pas en klaxonnant mais ils font un large écart en ralentissant. C'est très rassurant. Anna achète des fraises et on bifurque sur un petit sentier parceque la route c'est chiant.
Un peu de Radavisme, la pluie pluite, tout va bien. On arrive au camping secret que j'avais repéré sur internet. Un camping de la Fédération Finlandaise de caravaning. Le genre de truc pas signalé sur les guides parcequ'il y a que des vieux en caravanes qui parlent pas un mot d'anglais.
C'était chouette, ils étaient super gentils et le camping était très agréable. On trouve encore une grosse cuisine pour se poser. Et un ponton pour buller.

 De Ruissalo à Naantali







 De Naantali au camping secret


Jour 3

 On se lève mieux et on part tôt (9h), faut pas niaiser le ferry qui part de Hanka et rejoint Nagu est à 13h30.
On commence par le Gravel© des familles, qui est d'un bonheur inexplicable. Imaginez des routes en gravier perdues dans les forêts, avec très peu de vallon.




La route nous rattrape, on achète des bières à Roumascoula (orthographe non conforme) et on arrive au ferry avec une heure d'avance. Le temps d'un sandouiche, d'un peu de niaiserie et hop, nous voilà à Nagu.

Du camping à Hanka (kramppi)


La pluie nous rejoint au ponton de Nagu, et on atteint le camping un peu trempés.
On partage le repas d'une famille américano-finlandaise, à base de pommes de terre, saumon et histoire d'un chirurgien de la tête qui pèche en kayak pédalo. On rate le sauna mais il pleut sa mère.


Jour 4

Il pleut. Je dis à Anna qu'il pleut, que on va finir trempé, c'est inévitable. Le tout est de protéger au maximum les affaires qui sont dans les sacoches. On part mi tôt, mi motivés.
On se fait doucher jusqu'au bac. Parfait, la route était partagée, on voyait rien, j'ai cru mourir, nos chaussures font floc floc.
Anna éponge ses chaussettes plusieurs fois. Il ne pleut plus.
Le bac passé la piste proposée le long de la route est en gravier super sinueuse et un peu vallonnée. C'est trop cool.
On roule jusqu'à Pargas. Anna est hors service.
On se mange une délicieuse pizza au Venezia Pizzeria Kebab. On regrette Pizza Aldo (ceux qui savent savent).
Heureusement un gigantesque K-market nous permet de nous approvisionner en denrées exotiques (pain noir, edam, houmous et bière). Puis on arrive tôt au camping de Pargas qui est génial, avec une cuisine de ouf, vue sur la mer et on enterre définitivement nos espoirs de bivouacs, d'aventure et de kayak. En effet il pleuvra la semaine prochaine, avec 4 degrés la nuit.

J'ai arrêté le gps avant Pargas parceque plus de jus en d'dans.

 Anna mange un gâteau.


 Anna est fatiguée mais jolie mais fatiguée.


Pablo est content de faire du Gravel©.

Jour 5
On saute sur nos vélos pis on suit la piste jusqu'à Turku. De la piste cyclable tout du long. On pose les vélo à midi chez le loueur. Rien de ouf malade.
Et hop, le train nous porte à Tampere.



Zou, de bas en haut.


Alors d'abord, je vais râler sur le fait que les vélos de loc, bah c'est aléatoire. Même si on a pas eu de soucis, quand tu roules toute l'année tes propres vélos ça fait suer de trainer une chèvre molle boiteuse.
Mais c'est le jeu. Pis au final c'est rigolo (je dis ça parceque je me suis pas niqué un genou).
Je vais râler aussi parceque je suis un maniaque de l'itinéraire et que j'aurais mappé la totalité du parcours en prenant du sentier.
Mais je n'en veux pas à Anna qui a tout préparé, car c'était super au final et ce qui nous a fait souffrir, c'était la pluie. Elle a pris un risque énorme en me faisant une surprise puis en partant faire de l'itinérance à vélo avec moi et mon obsession de la préparation. Le plaisir d'avoir réussi à partager cette expérience avec elle est assez intense. Si l'on va tout les deux au travail à vélo, c'est la première fois qu'on parcours autant de chemin ensemble ainsi. Et c'était trop chouette.
C'est dommage pour elle, car la réussite de cette excursion créée la jurisprudence Turku et elle n'aura désormais aucune excuse pour partir en rando vélo avec son propre vélo et moi, en France.
J'ai volontairement décidé de ne pas émettre les notions de distance et de vitesse. On était pas là pour performer ou collectionner The Archipelago Trail. On voulait juste manger des bières et boire des gâteaux sur un ponton différent chaque soir, à bicyclette.
Merci Anna.  !



dimanche 27 août 2017

Le grand remplacement.

Je ne sais pas si faire des suppositions sur l'avenir de mon métier relève du devoir de réserve, il me semble que non, tant que je ne mets pas en porte-à-faux la parole de mon employeur.
Plus j'y réfléchis, plus j'ai besoin de parler de l'évolution de mon métier, de mon statut, depuis que je l'exerce. 

Vous n'êtes pas sans savoir que je suis enseignant, j'ai pour statut "Titulaire remplaçant, brigade zone de rapprochement" TR-ZR. Du moins au départ, il y a 3 ans.
Cela signifie que je suis remplaçant pour le premier degré, affecté dans un département, lié à une circonscription par le biais de mon rattachement administratif à une école. Cette école correspond à l'endroit où je dois être si je ne remplace pas et au point de départ pour mes indemnités de déplacement. (cette école est située à 17km de mon domicile, dans un autre département).
Cependant, de par mon statut, je suis piloté par la direction des personnels départementale en priorité, puis par l'inspection de circonscription si je suis disponible. Contrairement au TR-ZIL (zone d'intervention limitée) qui est d'abord piloté par la circo. Dans la théorie. Dans la pratique, je suis bien plus souvent appelé par ma circo, sauf urgence ou priorité.
En septembre 2016 une circulaire nous apprend que ces "priorités" vont être lissées et que chaque titulaire remplaçant peut être envoyé sur tout le département si besoin. Donc, plus de réelle différence de statut, on penche vers un seul.

Mon métier, de par mon statut, consiste à remplacer au pied levé un enseignant absent. Que ce soit pour une journée, une demi journée, une semaine, une année...
Je dois m'adapter à sa préparation s'il souhaite que je suive ce qu'il a précédemment établi (une journée-une semaine). 

Ou alors je dois proposer mon propre enseignement, en improvisant à partir de ma "valise" (ensemble d'activités préparées dont je dispose, pour chaque niveau) puis en créant un lien durable entre la classe déjà établie et ma pédagogie. Ce cas arrive lors d'un remplacement long en cours d'année.
Et encore, et c'est souvent mon cas, en devant effectuer la rentrée de septembre pour laisser ensuite la main au titulaire de la classe en cours d'année. (la préparation est partagée si le collègue est disponible, ou je dois la composer moi même en quelques heures si je suis seul).


Cette année j'ai eu la chance de remplacer sur le même poste de septembre à novembre, puis de me voir prolongé jusqu'à la fin de l'année scolaire. J'ai donc touché des indemnités de déplacement jusqu'en novembre puis suppression comme le prévoit le règlement. Bien sur, aucune possibilité de toucher une quelconque indemnité mineure, malgré la distance entre l'école et mon domicile (25km).
J'ai gagné la stabilité mais perdu de l'argent. Logique.
En décembre, la direction de l'école m'apprend que l'inspection lui a demandé s'il était possible de me détacher du poste pour me retourner au remplacement quotidien. En effet, les effectifs en terme de TR étant ridiculement bas, il y a pénurie. Des vacataires contractuels sont donc embauchés afin de combler ce manque. Cependant leur statut interdit de remplacer "au jour le jour". Ils n'ont pas de formation et doivent donc avoir un contrat fixe avec un lieu et une période donnée. L'idée était donc de donner mon poste à un vacataire, car seuls les titulaires peuvent remplacer à la journée. La direction de mon école a bien sur catégoriquement refusé, pour préserver la continuité pédagogique.

Mais voyez vous où je veux en venir ?
Qui d'autre pour palier à ce problème, à cette pénurie d'enseignants titulaires remplaçants ?
D'autres titulaires ?? Des postes il y en a, plein, ça embauche. Mais qui veut faire ce métier ? Qui veut faire 5 ans "d'études" pour passer un concours qui t'envoie où tu ne veux pas forcément aller, loin de ta famille, avec un salaire pas folichon, des conditions de travail aléatoires et une évolution de carrière proche du néant...
Réponse: Pas grand monde.

Et heureusement pour nos gouvernants qui ont tout à gagner dans la périclitation du métier d'enseignant à l'Education Nationale. Mais c'est un autre sujet dont je parlerai une autre fois.
Qui est élu en 2017 ? Saint Macron, le roi de l'entreprise, le chantre de l’ubérisation libérale, le chouchou de l’Europe financière et le messie des statuts précaires.

Premier grand raout: Défaire la réforme des rythmes scolaires.
Tant mieux disent les mairies, trop de dépenses vaines pour un service médiocre.
Tant mieux disent les parents, on pourra refaire les courses le mercredi matin.

Tant mieux disent les enseignants, les élèves seront moins fatigués.
Mais qui décide, les mairies bien sûr, sous couvert d'une concertation municipale avec les enseignants et les parents d'élèves.
Tant mieux pour nos gouvernants, dont le principal enjeu est de donner aux municipalités la direction de leurs établissements scolaires. En revenant sur cette réforme, personne n'a râlé et les mairies ont désormais les clefs et le feu vert pour devenir les décideurs des temps scolaires. Ce sera désormais aux municipalités de façonner le calendrier scolaire, les horaires, les autorisations... que devient l’Education NATIONALE ?
La disparition des Inspections de circonscriptions ne sera plus qu'un détail lorsque les pouvoirs d'évaluation et de contrôle seront donnés aux municipalités et donc à la direction d'établissement.

Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir ?

"Je ne pense qu'à moi, je ne pense qu'à mon petit statut de titulaire à vie de poste d'enseignant remplaçant avec tout le confort des arrêts maladie et mes 5 mois de vacances."  ?

Qui bien sûr va disparaitre. Il sera forcément remplacé par, supposons candidement, naïvement, un beau programme d'appel aux auto-entrepreneurs de l'éducation. 

Et cela existe déjà, ne serait-ce qu'à l'Université... Mais désormais, qui viendra remplacer la maitresse titulaire qui a la grippe ?? 
C'est Hubert, ce jeune auto-entrepreneur, avec peut-être un diplôme, zéro formation, une expérience relative et la précarité extrême comme motivation. Sans doute piloté par une plateforme se chargeant de recruter des remplaçants à fournir, le tout géré sur une application "smartphone". Fera-t-il un travail correct ? Sera-t-il capable d'encaisser ce que doit subir un remplaçant formé et assuré ? Lui-même ubérisé, atomisé, coupé de tout, transmettra-t-il encore un tant soit peu les valeurs de la République sociale, démocratique, laïque, souveraine, une et indivisible que se targue encore d’être la France selon sa constitution, sinon selon sa réalité ?
Ça n'est pas vraiment un problème voyons, il n'est là que provisoirement. En tout cas, ça ne coûtera rien à l’État, puisque ce seront les municipalités qui évalueront le besoin ou non d'appeler un "remplaçant", si toutefois elles en ont les moyens. Ce qui n’est pas garanti puisque, pour obéir à Bruxelles, Macron ne cesse de raboter les subventions d’Etat aux Communes et que de plus en plus, ce seront de grandes « métropoles » déshumanisées et loin du terrain qui décideront au nom des maires.

Bref, c'est une vision personnelle, sans doute dramatisée à outrance par mes angoisses protectionnistes. Pourtant c'est un drame bien réel qui pourrait très bientôt se jouer dans vos communes.
Et forcément, ce seront encore et toujours vos enfants qui en pâtiront le plus.

dimanche 30 juillet 2017

Le jour où j'ai été dégouté de la monoculture.

Au départ, des amis dorment à la maison pour profiter de la fête des Lumières. Ils nous proposent en échange de profiter de leur maison de Royan. S'en suit un débat sur comment y aller.
En voiture, partant de Lyon c'est long, c'est chiant.
En train c'est cher, il faut passer par Paris, se taper des détours inutiles.

Je garde ça au coin de ma tête.
Puis j'y réfléchis et je me dis, pourquoi pas y aller à vélo en Juillet? J'ai pédalé toute l'année, j'ai un bon vélo, ça me fait un projet concret, réaliser enfin ma French Livide.
L'année dernière j'avais échoué, faute d'un vélo adapté, d'une condition moyenne, j'avais laissé mes genoux dans un pierrier. Mais cette année je suis en forme et mon matos est vraiment idéal pour traverser le Massif Central à VTT.
Je remarque que le GR4 part de Royan, passe à Clermont puis redescend vers le Sud. Je n'ai plus qu'à tracer un Lyon-Clermont, au pif et rejoindre le GR.

J'ai détaillé le matos dans l'article précédent, reste à voir si ça ira.
Mais j'angoisse. C'est un exercice difficile que de m'arracher à mon petit confort pour partir de chez moi pour une durée indéterminée, et effectuer un effort intense, chaque jour, pour arriver à l'Atlantique.
Surtout je ne sais pas si j'aurais le niveau, les capacités, pour tenir le coup. Je ne suis pas habitué, je ne suis ni un sportif ni un battant. Mais j'ai envie, même j'ai besoin de me prouver que j'en suis capable.

Le jeudi 20 Juillet, mon vélo est prêt, la roue avant fuit un peu, je remplis ma poche à eau et c'est parti.
Direction le camping de Feurs. Il fait chaud, y'a du D+, je pousse un peu, j'en chie. Je vois Lyon derrière moi, ça y est c'est fait j'ai décollé.
J'ai bien fait de prendre mon VTT, le terrain n'est pas Gravel® du tout. Les descentes sont techniques avec un vélo chargé et je suis bien content d'avoir remplacé mes freins Spyres par des MT2. Le développement 32/42 est salutaire.





J'arrive au camping de Feurs vers 16h, après 7h de route. C'est pas tant mais ça suffit pour me claquer. Genre 70b et 1500d+. En tout terrain. Rien à signaler.

Je passe une première nuit tranquille et je renquille le lendemain direction Courpière. Encore du d+ mais d'un seul coup, suivi de descentes graveleuses ou très rocailleuses.







 Mais rien à faire, je tiens le coup et je campe à Courpière sous la pluie.
Le troisième jour m'intimide. En effet je dois rejoindre Clermont puis aller au pied du Puy de Dôme et choper le GR.
Arrivé à Cournon je croise Geekatori, par hasard et j'aperçois enfin Clermont. Ça me chamboule un peu. Lier à vélo la ville où j'ai étudié, pour simplement la traverser et l'ignorer, cela me rend à la fois très excité et assez anxieux.


La montée de Royat me sèche, mais une fois au pied du Puy, je sens que c'est fait, que j'ai passé un cap.
Je sens que prendre le GR va me faire basculer dans l'autre partie de l'aventure.
En effet, je coule jusqu'à Pontgibaud par des sentiers bien poncés et super agréables.



 Mais c'est le lendemain, le dimanche 23 que j’éprouve enfin le plus grand plaisir à barouder. Je lie Montfermy et j'attaque le GR4 qui me mènera à Aubusson.
Du relief, du d+ facile, mais surtout un terrain très joueur. Entre courtes montées poussées ou enroulées au 42, des descentes bien cornues. Les rayons craquent, les freins chauffent et le mollet jailli. Je croise des tourbières, de jolis étangs Dombesques et des petits sentiers sinueux.






J'arrive à Aubusson éclaté, fourbu, mais ravi. Mon harnais chinois (Lotus) est moins content. Le vélo lui, commence à être bien sale mais tourne bien.

J'aurai bien suivi ma trace GPS, le fléchage quant à lui reste un peu aléatoire et ne correspond pas toujours au gpx de gr.info. Mais le principal est d'arriver au bon endroit.



 Aubusson - Chatelus  commence sous la pluie, mais le plaisir est le même que la veille. Visiblement la Creuse est pleine de merveilles, pas hors d'atteinte.


 Chatelus -Aixe sur Vienne. Les sapins laissent place au bocage, en partie détruit par l’expansion de Limoges. Je suis sidéré par l'intensification du nombre de pavillons "carton" que je croise. En effet, j'ai quitté la Creuse et désormais le Limousin semble plus peuplé. Mais les gens "font construire" des habitations en petits bourgs, toutes les mêmes, toutes pareilles.
Un pavillon en béton, rez de chaussé, fenêtres plastiques, volets roulants, garage avec Duster et palissade en PVC. Par milliers. C'est hallucinant.
Je crois que le passage du vide à l'habité m'a vraiment fait sauter aux yeux ce problème périurbain, qui allait devenir finalement bien rural. Outre la stupidité écologique de la démarche, l'ineptie patrimoniale prédomine largement.
J'avais apprécié les jolies masures perdues au fond des ravines, je suis débecté par ce nouvel habitat clairsemé qui gangrène (depuis des années, je suis pas naïf) les bouchures limousines.
Ce n'est absolument pas flagrant en Allier par exemple, ce phénomène y est beaucoup moins accentué. Et la suite de mon voyage ne fera qu’empirer mon ressenti.


Heureusement il y a toujours des mûres dans les bouchures.


Et ma dose de gluten me relancera pour un tour.


Aixe - Champagnac - pour finalement m’arrêter au Lac de Saint Esthèphe.
Rouler n'est plus vraiment une difficulté, j'encaisse facilement le D+ syndical, je me faufile entre les champs, je passe mille gués. Mon rythme de croisière est établi. Je chante, je baguenaude, je savoure les méandres bucoliques que le GR m'impose. En fait, j'ai l'habitude, le chemin de campagne c'est ce que je préfère.


Il pleut. De Saint Estèphe je rejoins une voie verte qui me mènera près d’Angoulême. J'ai le cœur moins frivole que la veille, ça doit être l'humidité. Le temps est moche puis la route est moche. J'atteins les rives de la Charente pour une étape à Sireuil où la pluie a fait fuir les campeurs.



Ça y est, ça coule. Je me laisse voguer le long de la Charente, jusqu'à Cognac, au soleil sur les chemins de halage. Une étape courte, une étape douce, on croirait entendre du Galliano.


Si le GR pousse par Saintes jusqu'à longer le littoral, le détour est de 140km. Contre 80 direct pour Royan à travers le Far-West.
Je me fais donc une étape droite, Radaviste, filant à travers les champs et les vignes. J'avoue, au bout de 10 jours j'en ai un peu plein le cul et j'ai hâte d'enfin poser mes pieds dans l'eau.


Je me retrouve assez fier et satisfait quand j'atteins, enfin, la côte Atlantique.



Au final j'aurai croisé
-des dizaines de chatons
-des chiens gentils
-des chiens méchants
-des chevreuils
-des milliers de bovins de toutes les couleurs
-des centaines de Duster blancs
-pas une seule crevaison
-pas une seule piqûre d'ortie, ce qui est étonnant
-des centaines de gens à qui j'ai dit bonjour et qui me l'ont retourné, avec le timbre franc et sincère du respect humain
-des dizaines d'automobilistes inconscients roulants comme des cons, sans doute pressés, probablement méprisables
-un gros paquet de D+ avec ou sans cailloux, pour un gros rabibochage, une bonne guerre
ni rien ni personne me disant que je n'avais "pas le droit de"
-seulement deux couples de randonneurs et un tout seul, sur le tracé du GR
-aucune douleur ni aucun soucis mécanique, ce qui m'a gardé serein et apaisé

Pis surtout j'ai fait tout ce chemin avec le pneu avant à l'envers !

Pour qui aimerait reprendre le parcours, je le déconseille fortement aux randonneurs à vélos dits Gravel®. Chargé, cela peut devenir une véritable galère. Je n'ai pas un grand niveau, à VTT le parcours est facile. Mais par expérience, je préfère pousser un VTT emballé (bikepacké) qu'un VTC gravier avec des sacoches devant comme c'est la mode à Grenoble. Et puis des chaussure plates, de type Five Ten Freerider. Cela m'a épargné bien des soucis.
Il y a un sac que je n'ai pas utilisé, celui des liquettes, que je n'ai pas détaché. Je n'ai pas eu trop chaud, je n'ai pas eu froid, je n'ai pas eu faim et surtout je ne me suis jamais poussé à bout. Je n'étais pas venu pour souffrir, d'accord ?!

Je tiens aussi à dire que je n'ai aucune prétention à la performance. J'ai pris du plaisir à m'infliger 10 jours de contraintes physiques et mentales. Mon défi était de partir seul, de subir la difficulté sans endommager les autres et avancer à mon rythme, évitant ainsi l'épuisement et la blessure.
La réussite m'apporte alors une nouvelle satisfaction, celle d'avoir vaincu ma crainte.
Et ce n'est pas sans enthousiasme que je rêve d'un voyage tranquille, moins difficile, mais avec les copains, pour cette fois partager l'effort et la découverte.

Quant à la monoculture, on en parlera plus tard.

samedi 8 juillet 2017

Emballage de vélo 0.8


 Ça y est, l'heure des vacances a sonné.
Je peux donc officiellement commencer à me préparer pour partir en balade.
Pendant que la chaleur excessive pour mon organisme de babtou fragile m'interdit de régler mon vélo, je prépare le matériel qu'il transportera.
J'avais déjà essayé une configuration pendant les vacances de Printemps, j'ai viré du matos, j'ai investi dans d'autre, j'essaye alors d'optimiser tout en étant raisonnable.

 J'ai donc quatre sacoches principales:
- La sacoche de cadre Type Deux Manufacture
- Deux sacs étanches de 5L fixés aux fourreaux de fourche avec des porte-tout Blackburn
-Un sac étanche de 10L fixés au cintre Alpkit Confucius par un harnais chinois Lotus
-Une sacoches de selle KTM

Puis j'ai deux sacs de potence Alpkit ainsi qu'un sac de toptube.  






Le sac rouge contient la toile de tente MSR Hubba Hubba NX
Le sac noir Tribord contient:

- Un maillot rouge manches longue mérinos Alpkit (pas végétalien)
- Un sweat zippé bleu mérinos Quechua (encore moins éthique)
- Un sac à viande en soie Quechua (toujours pas végé compatible)
- Un matelas Thermarest NeoairXlite Matrix #dentisme


Le sac de harnais contient:

- Un maillot de corps coton blanc de mauvaise qualité
- Un caleçon plastique Kalenji
- Un serviette Kalenji
- Une paire de chaussettes Quechua
- Un duvet Quechua léger et pas chaud



La sacoche KTM contient:

(emballés dans un sac étanche léger)
- Une veste de pluie Jacques Peau de Loup
- Une doudoune sans manche Bitouine (surtout pas végan)
- Un short de bain Tribord (bleu marine)
- Un gilet haute visibilité Swouitch de chez Proviz
- Un bermuda Endura

- Un réchaud Primus
- Une popote Quechua


La sacoche Alpkit de top tube contient:

Ce que vous voyez, emballé dans deux sacs congélo.
C'est une batterie Anker, qui me permet 2 jours d'autonomie confortable sans trop aller sur Instagram.


Dans un des deux sacs de potence:

(l'autre étant un vide poche, contenant aussi les vivres de course. Les "snacks" comme ils disent sur bikepacking.com)

- Les outils, il en manque, genre des rayons, du scotch et des maillons.


Et enfin, dans le sac de cadre:

- Une poche à eau de 3 litres
- L'arceau et les sardines de la tente
- le reste du bordel (en blanc c'est un coupe vent léger)



Pas de photo du vélo chargé, ça va venir.
Je n'ai pas encore fait la trousse de toilette mais il me reste de la place. Je fixe aussi sur ma sacoche de selle un câble kripto, une paire de tongs et une tasse en inox pour la crédibilité.

Sur moi j'aurai:

- Un casque Bitouine 700
- Mon kit maillot/bib Poseur
- Des chaussettes Quechua
- Un Buff
- Une paire de 5/10 Freestyler

Voilà, suite au prochain épisode.